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Evénement

L’ouverture du cycle de formation 2019-2020 : l’IHEST au cœur de l’actualité

Le colloque d’ouverture “Transition écologiques et numérique : comment agir ?” du cycle de formation 2019-2020 s’est déroulé le 15 octobre dernier à la Sorbonne dans l’amphithéâtre Oury, magnifique avec ses boiseries et sa fresque néo-impressionniste de la fin du XIXème.

C’est l’artiste et professeur Yann Toma, créateur du nouveau logo de l’IHEST, président de l’association Ouest Lumière qui accueille la promotion des 50 auditeurs et les 140 invités qui assistaient, mardi 15 octobre, à l’ouverture du cycle 2019-2020 “ Préparer les transitions, fictions, sciences , réalités”.

Jean François Pinton, président de l’IHEST donne le ton en ouvrant ce colloque qui se trouve ancré dans l’actualité de la lutte contre le réchauffement climatique : “L’enjeu de la transition écologique nous est rappelé par les jeunes, qui manifestent avec leurs banderoles “faites d’abord vos devoirs avant de nous en donner !” … L’enjeu n’est pas tant celui d’un avenir que celui de l’existence d’un avenir »

Dominique Bourg, philosophe, professeur à l’Université de Lausanne, qui a étudié toute la littérature scientifique sur la question climatique depuis une trentaine d’année, est désormais bien connu pour ses interventions sur le sujet, y compris dans les media. C’est lui qui, devant un amphithéâtre plein, a la charge d’introduire le thème du cycle. Il dresse le bilan du changement climatique sur le vivant et sur les ressources de la planète, et des conséquences des activités humaines sur sa viabilité. “Si on fait l’analogie avec le crash d’une voiture,on en est juste avant le moment où le choc va se faire sentir dans l’habitacle”.

Croire que le progrès technique apportera la solution est selon lui une fiction plutôt qu’une réalité. La sévère réalité au stade où nous sommes rendus est qu’il nous reste une petite dizaine d’années pour arriver à un bilan carbone égal à zéro et sauver ainsi la vie des êtres vivants, humains en tête.“ Nos frasques s’inscrivent dans un temps très long : les effets des nouvelles conditions climatiques se comptent en millions d’années, le temps de reconstitution se situe entre 5 & 10 millions d’années”
Pour remédier aux conséquences des frasques, il faut changer de paradigme : abandonner le dogme de la production et la consommation des biens … “ ça s’appelle… la décroissance !” lance-t-il.
Pour autant, ce n’est pas impossible, et une série d’opportunités s’ouvrent pour mettre en œuvre une telle transition. Mise en œuvre à laquelle nombre d’acteurs se sont déjà attelés.

Ainsi qu’en témoignent ensuite les invités de la table ronde, animée par Sophie Bécherel, journaliste scientifique à France Inter et auditrice de la promotion Gérard Mégie de l’IHEST. La table ronde rassemble des acteurs concernés par les transitions dans différents domaines : énergie, alimentation, agriculture, transports et immobilier, gouvernance mondiale… Et à différentes échelles : une entreprise, un pays, un laboratoire de recherche, l’organisation des Nations Unies.
Jean-François Rodriguez, responsable développement du Groupe La Poste, explique comment l’entreprise française a diminué de 20% ses émissions de gaz à effet de serre entre 2013 et 2018, en effectuant des transitions au niveau des transports et de la transformation du parc immobilier.
Henri Baguenier, économiste de l’énergie, conseiller du Gouvernement portugais, témoigne que le Portugal produit aujourd’hui plus de 50% son électricité par les énergies renouvelables, dont 23% par l’éolien. Le pays produit d’ailleurs plus d’énergie renouvelable qu’il n’en a besoin et l’exporte vers l’Espagne.
Monique Axelos a présenté les recherches menées à l’Inra sur les transitions alimentaires et agricoles. A l’Inra, la transition, c’est une approche systémique de la recherche agronomique : regarder les problème de manière transversale et non plus en silos, et prendre en compte l’environnement de la plante et non plus la plante seule. Ce qui conduit l’institut à orienter ses recherches sur l’agriculture raisonnée, l’agriculture biologique et l’agroécologie.
Laurence Monnoyer-Smith, conseillère environnement et climat au CNES et précédente Commissaire au développement du durable rappelle que les 17 objectifs de développement durable (ODD) à atteindre en 2030 ont été mis en place par l’ONU en 2015. 193 Etats ont signé. Quatre ans après, si le bilan est difficile à dresser et est encore assez mince, 80% des pays ont mis en place des dispositifs avec des feuilles de route. Le bilan de la France est lui assez positif.
Tous les intervenants sont chaleureusement applaudis.

L’après-midi, seuls les auditeurs en formation ont pu entendre Valérie Masson-Delmotte, Vice-présidente du groupe 1 d’experts intergouvernementaux sur l’évolution du climat (GIEC) et directrice de recherches au laboratoire des sciences du climat et de l’environnement de l’université Paris-Saclay, qui par ailleurs était invitée le soir même sur France 2 à l’émission pour la terre. Le sujet de la session 2 du cycle étant consacrée au partage de la science dans la société, nos auditeurs ont ainsi pu apprécier les différents niveaux d’intervention qu’un scientifique est conduit à faire, selon les publics rencontrés et les objectifs visés. Un excellent exemple de relation science-société.

Publié le vendredi 18 octobre 2019