Au milieu des années 2000, les nanotechnologies apparaissent comme l’une des grandes promesses scientifiques et industrielles du XXIᵉ siècle. En manipulant la matière à l’échelle du nanomètre, les chercheurs découvrent des propriétés inédites des matériaux, ouvrant des perspectives dans des domaines aussi variés que la médecine, l’énergie, l’électronique ou les matériaux avancés. Mais cette révolution scientifique s’accompagne rapidement de débats. La notion même de « nanotechnologie » reste floue et recouvre une grande diversité de disciplines et d’applications, ce qui complique l’évaluation de ses impacts. Les incertitudes portent notamment sur les effets potentiels des nanoparticules sur la santé et l’environnement, sur les implications éthiques de la convergence entre nano-, bio-, informatique et sciences cognitives (NBIC), et plus largement sur la gouvernance de ces technologies émergentes. Dans un contexte marqué par les crises sanitaires récentes, la question des nanos devient ainsi un terrain emblématique des nouvelles relations entre science, innovation et société.
Dès 2007, la première promotion de l’IHEST empare de ce sujet dans son rapport d’étonnement consacré aux « nanos », en analysant les termes de la controverse et les conditions d’un développement socialement maîtrisé de ces technologies. Les travaux de l’Institut ont ensuite prolongé cette réflexion en croisant plusieurs perspectives : celle de la sociologie de l’innovation, qui souligne les dynamiques d’interaction entre technologies émergentes et société, et celle des acteurs industriels qui interroge les enjeux de normalisation, de régulation et de développement responsable des nanotechnologies.
📚En savoir plus : Rapport d’étonnement de la promotion 2006-2007 sur Nanotechnologies

