Au début des années 2010, à mesure que les activités économiques, sociales et administratives se déploient dans l’espace numérique, la cryptologie devient un enjeu stratégique majeur. Fondée sur des outils mathématiques permettant de chiffrer les communications et d’authentifier les identités numériques, cette discipline constitue l’un des piliers techniques de la confiance dans les réseaux. Mais elle soulève également des controverses croissantes : protection de la vie privée, lutte contre la criminalité et le terrorisme, sécurité des infrastructures critiques ou encore souveraineté numérique des États. Le développement de dispositifs d’identification et de traçabilité – qu’il s’agisse de biométrie, d’identité numérique ou de collecte massive de données – nourrit ainsi un débat récurrent sur l’équilibre entre sécurité collective et libertés individuelles.
Dès 2011, l’IHEST s’est saisi de ces questions dans le cadre de son cycle national, en consacrant une session aux enjeux scientifiques, juridiques et sociétaux de la cryptologie et de l’identité numérique. Les travaux menés à cette occasion ont ainsi permis, en croisant les regards de chercheurs en cryptographie, de juristes, d’industriels et d’acteurs publics, d’analyser les vulnérabilités des systèmes numériques, les transformations de l’identité à l’ère des réseaux et les formes de régulation mises en place par les institutions, notamment la CNIL et le législateur.

