A partir de la seconde moitié du XXᵉ siècle, les progrès de la biologie moléculaire transforment profondément notre compréhension du vivant. Le séquençage des génomes, l’analyse fine des mécanismes cellulaires et le développement d’outils permettant de manipuler l’ADN ont ouvert la voie à une médecine fondée sur la connaissance des mécanismes biologiques, permettant des applications majeures en diagnostic, en thérapie génique ou dans la production de nouveaux médicaments. Mais ces avancées soulèvent également des interrogations sur la médecine prédictive, l’usage des données génétiques, la sélection embryonnaire ou encore les perspectives d’« augmentation » de l’être humain. Elles interrogent par ailleurs les équilibres entre bénéfices médicaux, risques collectifs et choix de société.
L’IHEST s’est saisi de ces débats dès 2012 en consacrant une session de son cycle national à la biologie de synthèse, au cours de laquelle ont notamment été abordés les enjeux scientifiques, économiques et juridiques de cette discipline, mais aussi les questions éthiques liées à la manipulation du vivant, à la brevetabilité du vivant ou aux usages potentiellement sensibles de ces technologies. Les échanges ont également souligné la nécessité d’une réflexion collective sur les conditions de gouvernance et d’acceptabilité sociale de ces innovations.

