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Cycle national 2017-2018

Session 5 : Prévision et prospective

Paris, 16-19 janvier 2018

orientations générales

Prévision et prospective... est-ce un « et » de liaison, suggérant qu’il y a du commun entre ces deux termes, un « et » d’apposition invitant à ne pas les confondre, ou encore un « et » de succession indiquant que la prospective vient après la prévision ?
C’est très certainement les trois à la fois, puisque l’objectif de cette session est de se familiariser avec les démarches prédictives, que notre domaine d’intervention est celui des sciences et des technologies, et que nous sommes à une étape du cycle où la distinction que nous faisons entre l’inconnu et l’incertain soulève des interrogations sur comment « faire avec » eux entraîne la décision.
Ces deux termes ont en commun d’être construits d’un préfixe et d’un nom lié étymologiquement au fait de « voir ». La différence pourrait être de l’ordre de celle qui distingue l’attention du regard et dans l’amplitude de leur projection. En première instance, nous pourrions mettre la prévision du côté de l’incertain, s’appuyant d’abord sur la force d’usage des données et des probabilités qu’il mobilise, et lier la prospective à l’inconnu avec les modes de raisonnement nouveaux qu’il demande.

Même si, avec l’avancée des sciences et des technologies, la prévision et la prospective sont devenues des métiers, leur rapport à la science et à la décision est tout à fait différent. Et si on identifie bien les scientifiques qui construisent les modèles de prévision, les caractéristiques de la discipline prospective sont plus complexes à situer. Beaucoup l’ont remarqué à l’occasion de notre dernière session à Toulouse, l’inconnu, s’il est vecteur d’activité scientifique, semble finalement peu pensé au sein des disciplines. « Pour explorer l’inconnu, nous avons besoin de culture » remarque un auditeur, et, « d’interdiscipline ». Alors qui fait de la prospective aujourd’hui ? Cette question lève l’interrogation du pour qui ou pourquoi ces démarches prédictives, en sus du comment.

Est-ce pour un « à venir » ou pour un futur ? « Parce que le futur est inconnu mais certain » selon Anne-Françoise Schmid. L’objectif principal de cette session est une familiarisation avec les démarches prédictives, leurs fondamentaux, la diversité des méthodes employées et leurs effets. Elle sera réalisée en combinant illustration, investigation et expérimentation, en quatre temps :

1) Familiarisation avec les méthodes prévisionnelles en se focalisant sur un domaine les utilisant de longue date : les risques naturels.
2) Appréhension des méthodes de prospective. Analyse de la distinction entre prospective, expertise collective et think tank.
3) Approfondissement et prise de recul sur les méthodes de prospective par le biais d’une comparaison de leur diversité en France et en Chine autour d’un enjeu global majeur : le développement de l’intelligence artificielle.
4) Evaluation de l’influence des résultats des prospectives sur la programmation scientifique, politique et industrielle, au travers d’une comparaison internationale des positionnements chinois et français en matière d’intelligence artificielle.

La session permettra également depréparer le déplacement au Portugal. Elle donnera également l’occasion aux groupes de travailler sur leur poster.

Je vous souhaite une belle session orientée futur !

Muriel Mambrini-Doudet
Directrice de l’IHEST

Publié le mercredi 7 février 2018