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Cycle national de formation 2013-2014

Science, innovation et numérique : les sociétés en question

Le cycle national en chiffres :
11 rendez-vous d’octobre à mai
34 jours de formation
3 déplacements en région et à l’étranger
1 journée d’immersion auprès d’un ancien auditeur

4 jours d’ateliers

Dossier de candidature complet

Introduction

Les technologies numériques sont omniprésentes dans la quasi-totalité des activités de nos sociétés. Leur mise en œuvre s’accompagne de transformations des relations, entre individus, mais aussi entre acteurs économiques et institutionnels. Le monde numérique qui se développe sous nos yeux accompagne sans doute une nouvelle forme de révolution industrielle dont les enjeux pour la croissance comme pour l’évolution des sociétés sont essentiels à comprendre et à suivre dans la situation économique actuelle.

De quels progrès social, économique et politique, les technologies numériques sont-elles porteuses ? Le cycle traitera notamment des questions suivantes : de quelles stratégies industrielles font-elles l’objet ? De quel accompagnement éthique et juridique bénéficient-elles ? Quels partages de savoirs et de technologies, quelle éducation se mettent en place ? Un langage commun, qui permette le dialogue dans la diversité des cultures, se dessine-t-il ? Au-delà de ce fil conducteur, le cycle national 2013-2014, apportera aux auditeurs une vision large des relations science-innovation-société ainsi que des changements en cours dans la recherche, l’enseignement supérieur et les entreprises.

L’accélération du développement des innovations numériques, qu’il s’agisse de l’Internet, des technologies mobiles, de la robotique ou de nouveaux modes de production et d’organisation, a et aura des conséquences imprévisibles sur le paysage social, économique et politique. L’Union européenne, les grandes puissances économiques comme les pays en développement misent sur des innovations de rupture. Tous les secteurs sont désormais concernés : l’éducation, la recherche, la santé, les médias, l’énergie, les transports ou le développement durable… De nouvelles coordinations entre les acteurs publics et privés, de nouvelles formes de gouvernances, se mettent en place, non sans tension et controverses.

Par-delà ces manifestations, le monde numérique fait naître de nouvelles approches créatives, de nouvelles écritures. Il conduit à revisiter nos visions de la complexité, de l’innovation voire de la culture. Il touche au cœur même des fonctions symboliques qui fondent nos sociétés et, pour certains, il susciterait une troisième révolution humaniste liée à la coopération entre individus.

Nos concitoyens, devenus pour beaucoup des utilisateurs avertis, et pour certains de remarquables créateurs de nouveaux usages, méconnaissent cependant largement l’emprise des processus à l’œuvre derrière les fonctions ludiques ou esthétiques. Comme avec tous les objets technologiques, dans de nombreuses situations, une dualité se manifeste. L’univers de l’innovation numérique, des réseaux, des technologies, s’il donne naissance à de nouvelles utopies, est aussi le territoire de nouvelles fractures sociales, voire de sombres dystopies, liées au contrôle politique ou à la remise en cause des libertés individuelles.

Le cycle national de formation 2013-2014 se propose de croiser les regards de spécialistes de toutes disciplines sur ces processus et sur les transformations qui sont à l’œuvre. Le monde numérique induit-il l’apparition d’une culture inédite dans laquelle l’espace, le temps et la matière développeraient des alliances nouvelles ? Les interfaces qui tendent à relier les êtres humains entre eux, sont-elles des objets de liberté ou des systèmes d’asservissement ? L’usage de ces outils modifie-t-il l’Homme dans son développement et son comportement et à l’inverse, quelles constantes observe-t-on ?

Marie-Françoise Chevallier-Le Guyader

Directrice de l’IHEST

Programme prévisionnel

Session 1, séminaire d’intégration, Arc-et-Senans, 4 jours, octobre 2013
La fabrique de la science face au tremblement numérique : révolution épistémologique ou évolution des pratiques ?

Cette session posera les bases philosophiques, historiques, épistémologiques... des réflexions du cycle sur le développement des sciences, en particulier du numérique. Des mythes, des utopies, comme la neutralité, la liberté ou l’intelligence collective, portent ce développement. Quelles sont les normativités et les débats qui les accompagnent ? Les usages qui émergent ne contribuent-ils pas à développer une société aux contours imprécis, la « société liquide », dont la fluidité semblerait corollaire aussi d’insécurité ?
L’impact des technologies numériques sur la production de connaissance devient chaque jour plus prégnant. Que recouvrent aujourd’hui les transformations induites par le numérique ? S’agit-il d’un simple impact technique ou assiste-t-on à une évolution conceptuelle ? Porte-t-on toujours le même regard sur la production de connaissances ? Relève-t-elle toujours de la même épistémologie ?
La visite d’un site scientifique permettra d’appréhender comment les communautés scientifiques s’emparent de ces transformations (gestion de masses de données, modélisation, simulation, publications…).


Ouverture et Session 2, Paris, 2 jours, Octobre 2013
Économie de la connaissance et économie numérique : l’innovation en question

La session intégrera dans une première partie une revue de projets présentés par leurs concepteurs suivie d’une réflexion générale.
L’économie réelle ne peut plus faire abstraction du numérique. S’il est un domaine marqué par une dynamique d’innovation et de nouveaux modèles économiques, c’est bien celui-là. La notion même d’entreprise évolue. Quelles leçons en tirer quant aux processus d’innovation, de régulation et de normalisation ?
Innovation sociale, ouverte, enjeux de propriété via les open datas, devenir de la propriété intellectuelle, classements, traçabilité marquent l’économie de la connaissance et de la créativité. La session examinera ces différents aspects et s’interrogera sur les politiques industrielles actuelles, le statut de l’entreprise et la compétitivité dans la mondialisation.

Session 3, Déplacement en Région, 3 jours, Novembre 2013
Regard sur un territoire créatif

Cette session a pour objectif de saisir les rapports qu’entretient un territoire avec les sciences et les technologies, en lien avec sa géographie, son histoire et sa culture. Comment la recherche, l’éducation, l’innovation technologique et sociale, le numérique s’inscrivent-ils dans la politique territoriale ? Comment la créativité et l’innovation sont-elles stimulées dans une région dont les villes connaissent des transformations majeures économiques, structurelles et démographiques ? Ces enjeux seront illustrés par des visites et rencontres avec les acteurs locaux de la recherche, de l’enseignement supérieur, de l’entreprise, de l’innovation, de la culture…
Le déplacement sera ainsi l’occasion d’analyser les interactions entre les collectivités territoriales, l’Etat et l’Union européenne. La session permettra de prendre la mesure en région des investissements d’avenir, des dispositifs de transfert, et de rencontrer des PME/PMI et des grands acteurs industriels et politiques.


Session 4, Paris, 1 jour, Décembre 2013
L’Union européenne, l’Horizon 2020 et le numérique : un enjeu de mondialisation ?

La session s’interrogera sur la stratégie que l’Union européenne développe dans le numérique. Programme Horizon 2020, politiques industrielles, normalisations et régulations dans la globalisation, marché intérieur et infrastructures européennes… autant de questions qui s’adressent au secteur du numérique en plein essor. Action de la France, action de l’Union européenne, action des entreprises, la session explorera les synergies qui se mettent en place dans la bataille mondiale du numérique.


Session 5, Paris, 1 jour, Janvier 2014
L’e-éducation : humanisme ou compétitivité ?

La session s’intéressera à l’acquisition des connaissances et à son évolution avec les réseaux et l’informatique. La transformation des rapports à la lecture et à la pensée complexe marque l’éducation actuelle. L’homme « inclus », capable d’acquérir des savoirs tout au long de sa vie, de communiquer, devient-il plus puissant ? De nouvelles inégalités se créent-elles ?
L’accès direct et facile à de grandes masses d’information est corollaire de difficultés de hiérarchisation tant à l’école qu’à l’université. Que deviendra la mémoire avec Internet ou les bibliothèques numériques ? Que nous disent de ces changements les sciences cognitives, les pédagogues, mais aussi les sociologues et les acteurs de la société ?


Session 6, Voyage d’études, 4 jours, Janvier 2014
Voyage d’études dans un pays partenaire de l’Union européenne

Le voyage d’études concernera un pays associé à l’Union européenne. Il fournira une occasion d’analyser, dans une approche comparative, les évolutions récentes de la recherche, de l’enseignement supérieur, de l’innovation et l’impact du numérique sur ces domaines ; mais aussi les politiques industrielles, les régulations et les retombées sociales. Le déplacement permettra également aux auditeurs, à travers l’analyse des coopérations de ce pays avec l’Europe et les pays membres de l’Union, de décentrer leur regard sur l’Union européenne.


Session 7, Paris, 1 jour, Février 2014
Internet, réseaux sociaux et débat public : information sécurité et expertise en jeu

La session étudiera les changements de l’espace public avec Internet et les réseaux sociaux et l’évolution conséquente de la place de la science dans le débat public. Quelle place y occupe l’expertise et comment évolue la notion d’expert ? Comment débattre de la science et sur quoi fonder la confiance dans ces nouveaux espaces, caisses de résonnance de toutes sortes de controverses ?
Que devient la presse d’information à l’heure des réseaux, des blogs, de l’interactivité ? La transformation de ce secteur économique donnera-t-elle une place à l’information scientifique ? Qui la produira, la validera ? L’actualité est riche de rebondissements qui seront discutés durant cette session durant laquelle les questions de sécurité seront abordées.


Session 8, Paris, 2 jour, Mars 2014
La santé à l’heure du numérique

Traitement de grands nombres, gestion de données, robotique, usage des technologies numériques pour la réparation ou l’augmentation de l’homme. Comment la santé publique se transforme-t-elle avec l’irruption du numérique, des réseaux et de l’interactivité ? La session développera les démarches scientifiques, l’économie de la santé, mais aussi la place de l’éthique et du droit pour accompagner ces transformations dans le dialogue santé-politique-société.


Session 9, Voyage d’études international , 8 jours, Avril 2014
Voyage d’études international

Ce déplacement sera l’occasion d’observer comment le contexte géographique, géopolitique, historique, culturel d’un pays influence son développement dans le domaine des technologies numériques : Quelle dynamique d’innovation ? Quelles transformations de la recherche et de l’enseignement supérieur ? Quelles politiques publiques et industrielles ?
De nombreuses rencontres d’acteurs locaux et de nombreuses visites de sites alimenteront les réflexions que les auditeurs réuniront à leur retour dans un carnet de voyage.
La destination du voyage international sera communiquée au cours du premier trimestre du cycle national.


Session 10, Paris, 2 jours, Mai 2014
L’avenir de la ville : mobilité, énergie, environnement, santé

La mondialisation suscite de la différenciation. Cette différenciation spatiale complexe se joue à tous les niveaux, local, régional, national et international, et l’urbanisation en est le levier majeur. Jamais les mobilités n’ont été aussi importantes alors même que le développement des télécommunications aurait pu nous en affranchir. Les pratiques sociales se différencient, en contradiction avec la vision d’un monde plat et uniformisé portée par les protagonistes de la mondialisation par les télécommunications. Cette différenciation est indissociable d’une polarisation croissante autour des lieux urbanisés dans lesquels se jouent des processus d’innovation qui associent des sphères très diverses, industrielles, éducatives, culturelles... La session invitera les auditeurs à se demander comment les technologies numériques participent aux évolutions de la ville, en particulier en termes de mobilité, de santé, d’énergie et de développement durable.


Session 11, Paris, 1 jour,

Session 11,
Paris,
1 jour,
Juin 2014,
Clôture officielle du cycle national 2013-2014
restitution des ateliers et débat


Journée d’immersion
1 jour entre décembre et mars

Chaque nouvel auditeur passe une journée dans l’environnement professionnel d’un ancien auditeur de l’IHEST pour découvrir auprès de lui une autre vision des relations science-société. Cette journée contribue à créer des passerelles entre promotions et à renforcer le réseau de l’IHEST.


Ateliers
Paris, 4 jours, de novembre, à juin

L’activité des ateliers permet à 3 ou 4 groupes d’auditeurs de se mettre individuellement en situation de non expert, d’observateur-médiateur dans des débats mettant en jeu des relations science-société. L’exercice, conduit par un animateur, permet de renforcer et de valider les compétences ciblées par l’ensemble du cycle de formation : compréhension des jeux d’acteurs, apprentissage de méthodes de débat public, de gestion de la controverse et de recherche de consensus entre acteurs aux intérêts divergents. Les ateliers se concluent par la rédaction collective d’un rapport d’étonnement présenté et discuté lors de la clôture officielle du cycle national.

Publié le mercredi 12 décembre 2012,
mis à jour le vendredi 14 mars 2014