Accueil > Les Formations > Le cycle national > Cycles nationaux précédents > Cycle national 2010-2011 > Programme > Une société créative : les sciences, l’innovation et l’éducation en (...)

Enregistrer au format PDF
Cycle national 2010-2011

Une société créative : les sciences, l’innovation et l’éducation en question

Editorial

Le cycle national 2010-2011 approfondira les démarches à l’œuvre dans la recherche, dans les process de conception industrielle, d’innovation, dans l’entreprenariat en lien avec le concept de créativité, souvent considéré dans une première approche, comme le privilège de l’artiste. La créativité est à l’origine du décentrement, des ruptures indissociables de l’émergence de nouvelles idées, de l’invention. Quelles relations peut-elle entretenir avec la rationalité et le raisonnement du scientifique ou de l’inventeur, avec l’approche de l’innovateur ou la sérendipité* ? Elle ouvre le champ à l’émotion, à d’autres visions du monde, liées aux cultures et aux religions. Pourquoi les associer ? Comment ?

* Découverte par chance ou sagacité de résultats que l’on ne cherchait pas (R. Merton)

Dans le contexte des crises effectives et prévisibles, les dualismes s’accentuent : global et local, communication mondialisée sur internet et diversité culturelle, croissance ou décroissance,... nul ne peut dire quelles régulations apparaîtront et comment nos sociétés vont évoluer. Mais dans ce contexte quelque peu complexe, des lieux et des approches créatives apparaissent actuellement liés à la culture du numérique : communautés créatives, villes créatives. Dans ces cadres, les rapports s’organisent différemment entre les différents acteurs ; l’innovation devient participative et fondée sur la créativité de groupes qui sont, en temps normal, disjoints. Est-ce un signe pour les autres secteurs ? D’ores et déjà ces méthodes se mettent en place dans d’autres domaines d’innovation, comme les cleantech, et le marketing s’en est emparé. Une économie de la création succèdera-t-elle à celle de la connaissance et de la production ?

Partout, la nécessité d’approches croisées, interdisciplinaires, plurielles devient un crédo. Pour répondre à l’incertitude, aux risques, l’imagination et la créativité sont présentées comme stratégiques. Les institutions, les collectivités,… ont-elles saisi cet enjeu ? Dans le contexte actuel de préparation de l’après crise, la société fait appel aux scientifiques, aux ingénieurs, aux économistes, aux dirigeants, aux intellectuels pour imaginer, évaluer, prévoir. Comment se jouent ces rapports entre création, connaissance, expertise, décision, évaluation ? Vers quel développement, quelle croissance et quelles valeurs ?

Dorénavant la question est posée : comment éduquer ? Certains demandent une révision de notre politique d’éducation, à l’instar d’autres pays européens. Quelle adaptabilité faut-il susciter ? Entre créativité, connaissances et compétences, que faut-il privilégier ? Dans des sociétés vieillissantes, comment miser sur la connaissance et garder une créativité ? Ceci est à rapprocher de la fascination de plus en plus marquée chez les jeunes pour l’objet technologique innovant, magique et corrélativement de l’ignorance, voire du rejet, des sciences et des technologies sous-jacentes. Comment faut-il approcher les jeunes quand on parle des sciences ? D’une façon plus générale, comment transmettre le patrimoine scientifique tout en se projetant vers l’avenir ?

Marie-Françoise Chevallier Le Guyader

Directrice de l’IHEST

Publié le mercredi 13 janvier 2010,
mis à jour le mardi 17 décembre 2013