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Première université européenne d’été de l’IHEST

Faut-il penser autrement l’économie ?

Du 3 au 8 septembre 2009, l’IHEST organisait sa première université d’été sur "L’économie, une science qui nous gouverne ? Leçon des crises". Pourquoi une université d’été sur l’économie ? De fait, l’Institut aborde depuis trois ans déjà l’économie de la connaissance et de l’innovation. Faisant le constat que l’économie connaissait des développements spectaculaires dans tous les domaines, marchands et non marchands, et que nous vivions sur un fond croissant de crise, nous voulions nous interroger plus globalement sur l’économie en tant que science, sur ses rapports avec « l’économie réelle » et les attentes sociales. Comment peut-il y avoir un débat sur les sciences économiques ? Quel est le rôle des experts ? Comment cette science se diffuse-t-elle ? Est-elle dans la même situation que d’autres sciences, plus cloisonnées, que nous connaissons sans doute mieux ? Quelles sont ses modalités d’échange ? Autant de questions que nous avons souhaité voir débattues entre un panel de spécialistes de disciplines multiples et un ensemble de participants d’origines socio-professionnelles variées.

5 septembre 2009

Pourquoi une université d’été sur l’économie ? De fait, l’Institut aborde depuis trois ans déjà l’économie de la connaissance et de l’innovation. Faisant le constat que l’économie connaissait des développements spectaculaires dans tous les domaines, marchands et non marchands, et que nous vivions sur un fond croissant de crise, nous voulions nous interroger plus globalement sur l’économie en tant que science, sur ses rapports avec « l’économie réelle » et les attentes sociales. Comment peut-il y avoir un débat sur les sciences économiques ? Quel est le rôle des experts ? Comment cette science se diffuse-t-elle ? Est-elle dans la même situation que d’autres sciences, plus cloisonnées, que nous connaissons sans doute mieux ? Quelles sont ses modalités d’échange ? Autant de questions que nous avons souhaité voir débattues entre un panel de spécialistes de disciplines multiples et un ensemble de participants d’origines socio-professionnelles variées.

Il se trouve que, comme responsable de la communication d’établissements de recherche français, j’ai eu à gérer les crises qui ont touché les sciences du vivant depuis les années 1980. Aussi ai-je toujours été frappée par les décalages entre la recherche et la société, les limites de la connaissance dans des situations marquée par une complexité parfois dramatique, des temporalités différentes entre les acteurs, des jeux de groupes sociaux, sincères ou opportunistes, des débats révélateurs d’autres difficultés sociales. Paradoxalement, ces moments sont corollaires d’une aculturation sociale forte sur ces questions. S’agissant de l’économie, nous avons donc souhaité comprendre si cette crise apportait des éléments nouveaux à la science économique ainsi qu’à la culture économique de chacun. Quelles leçons cette crise ou d’autres apportent-elles sur l’évolution des savoirs et des rapports avec la société ?

D’aucuns ne manqueront pas de s’interroger sur l’aspect innovant de cette initiative, dans une période où de telles manifestations sont nombreuses. Notre propos est cependant différent de celui d’autres universités, qu’elles relèvent du monde politique, professionnel ou syndical. Il s’agit pour nous de penser autrement des phénomènes actuels en les approfondissant avec rigueur, esprit critique, dans une démarche scientifique partagée entre spécialistes et non spécialistes. De telles occasions, il faut le noter, sont particulièrement rares.

Nous avons travaillé avec un conseil scientifique, dont je tiens à remercier vivement les membres (liste), et rassemblé des intervenants prestigieux, qui se sont succédé au cours de ces cinq jours (programme).

La première journée a permis de poser des repères fondamentaux sur la science économique, ses modèles, ses questionnements, ses objets, et de les éclairer à la lumière des leçons de la crise, dans des approches comparées avec des participations du monde de l’entreprise, de la recherche et des personnalités proches de la décision publique. Dans un deuxième temps, nous nous sommes intéressés à des objets comme la banque, l’entreprise, internet et l’innovation. Dans la foulée, nous avons traité de sujets hybrides, de grands sujets de société, qui associent à la fois des dimensions économiques, sociales et politiques, dont les questions des inégalités, de la créativité et du développement durable. La dernière journée, quant à elle, a été consacrée aux rapports entre science et société.

Fidèle à notre mission de diffusion de la culture scientifique, nous avons organisé un débat ouvert au public franc-comtois, en présence de la présidente de région, Marie-Guitte Dufay. L’université a également fournit une occasion de porter un regard sur les réalités du territoire qui nous accueillait, notamment à travers la visite de la ville de Salins-les-bains récemment classée au patrimoine mondial de l’Unesco et le dialogue avec son maire Claude Jourdant sur le passage de sa ville à l’économie culturelle.

Cette université d’été a été organisée avec le concours du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, de l’Union européenne, grâce au Fonds européen de développement régional, et en lien avec le Conseil régional, qu’ils en soient remerciés.

Marie-Françoise Chevallier Le Guyader, directrice de l’IHEST, 5 septembre 2009, Arc-et-Senans

photos ©IHEST/O. Dargouge

Publié le jeudi 22 octobre 2009,
mis à jour le lundi 17 mars 2014