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Actualité éditoriale

Innovation et dynamique des territoires - synthèses et productions

Synthèses

Ce nouvel atelier de l’IHEST s’inscrit dans la continuité de l’Atelier « Innovation et dynamique des territoires » initié entre janvier et mars 2015 à la demande de la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche .
Rappelons qu’une vaste réforme territoriale s’est déroulée entre 2013 et 2015 aboutissant en août 2015 à la loi portant Nouvelle organisation territoriale de la République, après la loi de Modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles et la loi relative à la délimitation des régions toutes deux de janvier 2014. En arrière plan de ce train de réforme, l’innovation est couramment admise comme un des piliers de toute stratégie de développement économique local et de la compétitivité mondiale tant pour les territoires que pour les entreprises.
Le premier atelier test de 2015 avait donc été centré sur trois métropoles françaises, Bordeaux, Lyon et Paris afin d’illustrer le phénomène de « métropolisation » qui conduit à une concentration de la recherche, de l’innovation et de l’ensemble des services à haute valeur ajoutée autour des métropoles.

Contexte et problématique du nouvel atelier

Face à la forte densification de l’innovation dans les métropoles, existe-t-il encore une place pour un développement économique et social fondé sur des innovations de toute nature dans les territoires périphériques ou éloignées des métropoles ? Telle est la question soulevée par l’Atelier innovation et dynamique des territoires en 2017. Deux situations très différentes ont été étudiées : d’une part les agglomérations du Grand Chalon et de Creusot Montceau en Bourgogne-Franche-Comté, d’autre part le littoral occitan, avec un focus sur Port-la-Nouvelle dans la communauté d’agglomération du Grand Narbonne.

En Bourgogne-Franche-Comté, notre objectif a été que les participants découvrent comment deux agglomérations touchées par de profondes crises se sont mobilisées pour revitaliser leur territoire. Au Creusot Montceau, la communauté urbaine, les industriels, l’État ont su rebâtir une industrie plus performante et innovante et repartir à la conquête de marchés nationaux, européens et mondiaux. Au Grand Chalon, les responsables de l’agglomération, de laboratoires de recherche et d’institutions universitaires se sont coordonnées pour concevoir et mettre en place un espace conjoint et créatif autour de l’image et du numérique. Cet espace au service des entreprises existantes, mais aussi destinées à la création de start-up, est maintenant opérationnel. Les participants ont pu, par un travail collectif, partir à la recherche des grands déterminants qui ont structurés cette dynamique innovatrice et l’attractivité de ces deux agglomérations en rencontrant un ensemble de chercheurs et de responsable très divers. Ils ont ainsi souligné les processus d’innovation de type « bottom up » de ces deux agglomérations fondé sur un ensemble d’acteurs qui ont su se coordonner pour produire un écosystème vertueux. Ils ont, par ailleurs, noté que ces deux collectivités développent une politique foncière qui accompagne ces processus, au Creusot avec le parc d’activité Coriolis, autour de la gare TGV et du cluster Mecateam, au Grand Chalon avec l’espace Saôneor, ancien site des usines Kodak. Ce dernier, réorienté vers les activités de logistique, est aussi configuré pour accueillir un ensemble d’entreprises intéressées par ce lieu au carrefour de trois grands modes de communication (rail, route, fleuve).


La synthèse des 3 jours en Bourgogne-Franche-Comté est disponible en ligne ici :
Grand Chalon – Creusot Montceau : Une nouvelle ambition industrielle)

Dans le deuxième territoire, les effets du grand plan d’aménagement des années 1960, dit plan « Racine », ont atteint leurs limites. Par ailleurs, les flux d’immigration, résidentielle ou touristique, toujours aussi important, nécessitent une nouvelle politique d’aménagement et de développement soutenable pour l’environnement comme la qualité de vie. Pour cela, l’État et la région ont signé un accord pour un nouveau plan nommé « Littoral 21 ». Dans ce plan, la région a demandé à l’IHEST d’étudier particulièrement le cas de l’extension du port de Port-la-Nouvelle qui s’inscrit dans le projet « Littoral + » soumis à l’appel à manifestation d’intérêt « Territoires innovants de grande ambition » lancé par le Commissariat Général à l’Investissement et géré par la Caisse des Dépôts au titre du Programme d’Investissements d’Avenir, afin « d’identifier et sélectionner des projets originaux associant un haut niveau d’innovation et un écosystème territorial » ? Le projet de la région à Port-la-Nouvelle conjugue un développement portuaire, industriel, environnementale et touristique avec une mobilité revue pour répondre à ces différents enjeux de manière efficace et sobre en CO2. Le projet de parc éolien flottant off-shore au large de Port-la-Nouvelle s’inscrit dans l’ambition de l’Occitanie de devenir la « première région à énergie positive ». Soutenue par l’Ademe, la démarche vise à couvrir 100 % des besoins en énergie du territoire par des énergies renouvelables locales à l’horizon 2050.
Les participants de l’atelier ont ainsi été confrontés à des problématiques « top down » très différentes des logiques d’innovations précédentes. Ils ont analysé l’aménagement global d’un territoire dans ses composantes touristiques, économiques, environnementales et sociales. Pour cela, ils ont bien enregistré la volonté des décideurs régionaux de composer conjointement une économie marine ne négligeant pas l’arrière-pays, un développement industriel notamment avec les éoliennes offshore flottantes, des infrastructures touristiques rénovées et durables, une politique portuaire entre Sète, Port-la-Nouvelle et Port Vendres, des espaces protégés limitant l’étalement urbain . Face à des innovations à la fois technologiques, institutionnelles, sociales, ce territoire a été riche d’enseignements dans sa capacité à faire émerger des acteurs décidés à faire de leur territoire un bien commun.

La synthèse de l’exploration menée en Occitanie est disponible ici :
Le littoral occitan, un laboratoire d’innovation territoriale

Si ces deux territoires présentent des contextes et des trajectoires passés et futurs contrastés, les participants ont bien mis en valeur la mobilisations des acteurs de l’un et l’autre de ces lieux sur des actions concertées de très long terme pour un développement durable et équilibrée et qui s’appuie sur leur passé industriel, dans le cas du Creusot et du Grand Chalon, et sur le plan Racine, ses succès, ses échecs, dans le cas du littoral occitan. Les discussions et les restitutions finales des participants ont bien identifié l’ensemble des risques et des défis auxquels ces deux territoires sont confrontés.
A la fin de cet atelier, la question de la complémentarité entre les grandes métropoles et leur hinterland, mais aussi avec les territoires plus éloignés, reste ouverte et mérite d’être approfondie face à des fractures territoriales et des inégalités grandissantes.

L’ensemble des productions de l’Ateliers :
Vidéos des restitutions
synthèses (pdf)
Témoignage (pdf)
Vu et Entendu (pdf)
sont disponibles ici

Publié le jeudi 15 février 2018,
mis à jour le mercredi 7 novembre 2018