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Promotion Irène Joliot-Curie 2016-2017

Cobots, d’autres robots devenus collaboratifs ?

Mythe, définition, R&D, économie et travail

Si les automates millénaires habitent nos fictions mythologiques ou d’anticipation, des servantes d’Héphaïstos -dieu grec du feu et de la Forge- au Golem de la tradition hébraïque ou de la cybernétique, ils n’ont été que récemment rebaptisés « robots », au début du siècle dernier, ouvrant une voie inédite aux spéculations les plus diverses, les dernières en date portant le nom de « transhumanisme », « post-humanisme » ou de « Singularité ».
Bien plus discrets que les robots anthropomorphiques et dotés d’une personnalité « individuelle » qui occupent le devant de la scène médiatique, une autre variante a émergé au virage de la dernière décennie, portant l’étrange nom de « cobot ». Forgé en 2009 par Edward Colgate et Michael Peshkin, professeurs à la Northwestern University, ce néologisme compacte les termes de « collaborative » et de « robot » pour promouvoir une nouvelle possibilité d’interaction entre l’être humain et la machine, transformer les termes de la conception traditionnelle du rapport avec les robots.
Et c’est ici que toute une réalité contemporaine, à la fois économique, technologique et scientifique affleure et prend une toute autre consistance : celle de l’évolution de la robotique industrielle des chaînes de production automatisées, qui serait ainsi touchée par une innovation peut-être « disruptive ». En reprenant vie aux côtés des humains dans le
fameux travail à la chaine, les anciens robots, jusqu’alors mis en cage et tenus à distance, muteraient en machines perfectionnées, et même intelligentes, bien disposées à coopérer avec l’être humain.
Car là où les robots classiques agissent de façon autonome, les cobots dépendent des capacités d’un opérateur qui s’en sert pour étendre et accroître son pouvoir d’action, où agentivité. Mieux, en assistant les humains, ils se feraient sauveurs d’emplois, contrairement aux automates informatisés, destructeurs de millions de postes. Ainsi la « cobotique », comme elle se dénomme parfois, s’opposerait à une robotique éloignée de l’humain, laquelle aurait peut-être déjà atteint son apogée à la fin de la décennie dernière.
Bien que la légitimité de la cobotique reste à démontrer et que ses contours restent encore flous –s’y rattachent selon les sources aussi bien les drones et robots téléopérés que les exosquelettes et autres armures assistées– son émergence met en lumière la rencontre des sciences de la cognition et de l’informatique, de la neurophysiologie et de la robotique, de l’ergonomie et de la productique. Entre promesse symbiotique et changement de paradigme, il se pourrait que l’apparition d’une nouvelle classe d’artefacts permette d’interroger à nouveaux frais ces paradoxales relations que nous autres humains semblons entretenir avec toute créature artificielle éligible au rang de partenaires d’interaction et de coopération.

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2016-2017 - Rapport d’étonnement - Cobots

Publié le jeudi 24 mai 2018,
mis à jour le vendredi 25 mai 2018