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Cycle national de formation 2018-2019

L’inconnaissance vecteur d’inventivité

Dans la société de la connaissance de quoi le décideur a-t-il besoin ? Comment se déterminer lorsque le rythme est donné par les évolutions techniques, scientifiques et normatives ? Que peut la science en retour ?

Décider aujourd’hui, c’est anticiper dans un champ aux dynamiques, contraintes et opportunités multiples. C’est convaincre une communauté de femmes et d’hommes ayant des interprétations diverses face aux incertitudes. C’est construire des trajectoires intégrant les libertés et désordres associés à la créativité, l’audace, l’adaptabilité. La question est donc comment promouvoir et environner ces vecteurs d’inventivité ?

Certainement en développant de nouveaux rapports collectifs avec la connaissance
et l’expérimentation. C’est l’objet même du cycle national de formation 2018-2019 de
l’IHEST L’inconnaissance, vecteur d’inventivité. Car l’inconnaissance réside au cœur du savoir entreprendre.

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Cycle national 2018-2019 - présentation

Une formation destinée aux décideurs, responsables de haut niveau de tous les
secteurs d’activité désireux de renforcer leurs capacités stratégiques d’organiser la
transition vers demain et de faire fructifier le lien entre la science et la société.
Trente-quatre journées, de septembre à juin, pendant lesquelles sciences et technologies sont mises en partage avec une pédagogie sans équivalent qui maille les
mondes économique, politique, scientifique, médiatique.
Des effets durables, pour l’auditeur, pour son organisation et pour la société en
adoptant la démarche scientifique comme une référence culturelle.

A l’issue du cycle national, les auditeurs :

• connaissent mieux les particularités des sciences et des techniques et se sont familiarisés avec les démarches scientifiques et expérimentales
• ont appris à décomposer les enjeux sociétaux et à mobiliser l’intelligence collective
pour recomposer leur vision stratégique
• renforcent leurs capacités à assumer leur rôle dans la fonction d’innovation et le
développement des territoires
• disposent des outils pour s’appuyer sur le débat public qu’ils contribuent à renouveler.

Orientations générales

Qu’il soit dans le domaine public ou privé, dans une organisation académique ou dans une association, dans une administration ou dans le monde politique, le décideur entend trouver lui-même le parcours adéquat d’organisation des activités.

Dans le monde actuel, les organisations, quel que soit leur objet social, s’engagent dans des transitions, étapes de transformations stratégiques. Les facteurs sont connus, les enjeux sont globaux, les réalisations sont locales et complexes. Or la difficulté à lier les deux échelles est patente, elle se révèle sous forme de “crise”. A bien y regarder, nous avons profusion de connaissances, de cadres d’exécution et d’initiatives. Il suffirait d’orchestrer les confluences…

Mais comment faire lorsque le diagnostic porté de longue date est la difficulté d’œuvrer durablement aux interfaces ? En même temps que la spécialisation est de plus en plus marquée, l’appel à une plus grande inclusivité se fait pressante, comme si le régime de production de connaissances et de valeurs et celui de réponse aux besoins de la société étaient deux univers séparés.

Le cycle national 2018-2019 est une trajectoire à travers les différents régimes de production et de transmission des connaissances et des savoirs, car de quoi se nourrit le doute fécond du chercheur, si ce n’est de la connaissance de son ignorance ?

Oui, l’inconnaissance est constitutive du pouvoir de connaitre et l’art du scientifique, comme de l’expert, est d’effacer la trace des incertitudes qu’elle emporte.
Oui, elle laisse apparaître les limites de la connaissance, ce qu’il y a de temporaire dans les états de l’art, et alors les rôles de ceux qui savent, ceux qui explorent et ceux qui transmettent s’éclairent. Il est alors possible de mettre à distance les certitudes infondées. L’inconnaissance est un produit de l’activité scientifique, non seulement parce que L’inconnaissance vecteur d’inventivité chaque découverte ouvre de nouveaux questionnements, mais aussi parce que choisir des voies de recherche, c’est aussi laisser dans l’ombre d’autres pistes possibles.

Le cycle 2018-2019 offre la perspective d’user de l’inconnaissance comme d’un socle d’ouverture, une condition d’émulation de l’esprit critique et de l’audace du décideur. Il légitime la conscience du pouvoir agir face à l’inconnu et l’incertain en comptant sur le potentiel des autres. Le thème est particulièrement adapté pour concevoir des formes d’organisation permettant de construire et gérer les transitions. Il fournit en effet un mode original d’appréhension des jeux d’acteurs de l’écosystème de production du savoir, comme des valeurs qui lui sont associées. Il permet le passage d’une culture d’ingénierie à une culture d’anticipation, d’une culture d’analyse à une culture d’expérimentation, d’une culture du résultat à une culture de l’impact.
En s’emparant du concept d’inconnaissance, en le débarrassant de sa face négative, la formation renforce l’art d’une intelligence collective. La pédagogie de l’IHEST s’appuie sur la logique d’expérience, la construction de méthodes sur mesure et l’exigence d’une combinaison des connaissances que porte la démarche scientifique. Elle véhicule cette culture de la science, vecteur de démocratie, construction vertueuse de la confiance, qui permet également de distinguer les rôles de chacun pour environner ces biens communs que sont la connaissance et l’autonomie de chacun.

En sachant mieux mobiliser la démarche et la culture scientifiques, les auditeurs renforceront leur capacité à convaincre, à construire leur stratégie, à transmettre leur vision. Ils emporteront le goût du débat et la conscience des atouts sociaux et économiques portés par le dialogue science-société.

Muriel Mambrini-Doudet directrice de l’IHEST

Qui peut candidater ?

• responsables de haut niveau issus de tous secteurs d’activité : dirigeants d’entreprise, cadres de l’Etat, dirigeants d’établissements publics, directeurs de laboratoires, coordinateurs de grands projets et infrastructures, responsables d’administrations territoriales, élus, journalistes, syndicalistes, représentants
du monde associatif…
• français ou ressortissant des États membres de l’Union européenne
ou d’autres États (la langue de travail est le français).

Prérequis

La qualité du projet professionnel, l’engagement dans le déploiement des relations science-société du candidat et le soutien de son employeur sont particulièrement étudiés par le conseil d’enseignement. Il s’attache à composer une promotion représentative de la diversité des secteurs d’activité.

L’acquisition des connaissances

Le cycle national combine un passage par cinq grands types de connaissances :

La philosophie et l’éthique  : approfondissement des questions, statut de la connaissance, notion de vérité dans les sciences, place des sciences et des techniques dans différentes civilisations...

L’état des sciences et la prospective de la recherche :
découverte des domaines de recherche à travers de grandes aventures scientifiques et techniques, exploration de leurs fondements historiques, conditions de la découverte, traitement des sujets de controverse...

L’économie de la recherche et de l’innovation : dimension
économique de la recherche, relation de la recherche à l’innovation, conditions de succès de l’innovation, de ses différents modèles...

L’organisation des institutions  : exploration du système de connaissance et d’innovation en France et à l’étranger, leur histoire, rôle des établissements de recherche et d’enseignement supérieur, fonctionnement, évaluation, prise de décision...

Les interactions entre la science et la société  : description des contrastes entre cultures, des finalités et processus à l’œuvre dans l’éducation, l’information, la médiatisation, le débat public et les autres formes d’interaction...

L’acquisition des compétences

De la compréhension de l’univers des sciences et des techniques à la conception de sa stratégie. A l’issue du cycle, l’auditeur se meut plus aisément dans les relations
science, technologie, innovation et sociétés, il s’autorise à mobiliser des connaissances philosophiques, des démarches éthiques, à s’interroger sur les sujets scientifiques en dehors de son champ de connaissance. Il peut soutenir des démarches interdisciplinaires d’anticipation, en particulier autour des normes et des lois. Il améliore sa capacité à négocier dans des environnement pluriels et internationaux.

Du développement d’une vision stratégique des relations science société à une meilleure anticipation. Les auditeurs se familiarisent avec l’analyse collective des enjeux sociétaux. Ils connaissent la diversité des acteurs de l’innovation et de leurs postures. Ils sont plus à l’aise pour distinguer les angles politiques, idéologiques, économiques et sociaux. Ils renforcent leur volonté de se positionner dans les débats publics et de négocier dans les environnements complexes.

Du soutien à l’exercice de la responsabilité aux gouvernances en milieu incertain. L’IHEST transmet des outils de construction d’une intelligence collective, un usage raisonné de la démarche scientifique, qui renforcent les capacités des auditeurs à engager le débat en amont des enjeux socio-politiques ou de l’avènement des crises.
L’auditeur documente les liens entre institutions et acteurs pour la prise de décision, les liens de pouvoir institutionnels, l’extension des rôles et responsabilités des acteurs.

La force du réseau

Pendant tout le cycle les auditeurs “cimentent” un réseau de relations durables, au sein de leur promotion et avec les intervenants du cycle. À l’issue du cycle, ils intègrent le réseau des anciens auditeurs de l’IHEST, présent sur toute la France et à l’international. Ce réseau est régulièrement mobilisé par l’association des auditeurs (AAIHEST) et par l’Institut. Il constitue une “réserve citoyenne” pour traiter des questions entre la science et la société.

Une pédagogie adaptée

La progression pédagogique de l’IHEST se fonde sur un aller et retour permanent entre apport de connaissances théoriques et mise en situation. Les auditeurs effectuent un parcours personnel et collectif au cours duquel ils mettent à l’épreuve la réalisation
de leur projet professionnel et des initiatives alimentant l’interface science technologies-société. Ils alternent, tout au long de ce parcours, des exercices de productions individuelles et collectives.

Cinq grandes composantes

Le séminaire d’intégration vise à partager les fondamentaux sous-jacents aux méthodes de travail de l’institut et à poser les dynamiques collectives. C’est le moment de leçons inaugurales en épistémologie et philosophie des sciences, d’illustrations de la démarche scientifique, de décryptage des controverses et de l’organisation de débats. C’est aussi le temps de la connaissance mutuelle et de la fondation de l’esprit de groupe de la promotion.

• Huit sessions thématiques pour explorer chacune des facettes du thème du cycle. Elles combinent :

  • des interventions de personnalités de stature internationale partageant connaissances, démarches et perspectives de leur point de vue disciplinaire.
  • de études d’objets illustratifs de problématiques sociales, de recherche ou d’innovation. Leur analyse fait apparaître la complexité des connaissances actuelles, du jeu des acteurs impliqués, des enjeux collectifs.
  • des temps de modélisation collective pour appréhender l’hétérogénéité des connaissances et composer un regard critique

• Trois formes d’études de cas

En ateliers
Par petits groupes, les auditeurs traitent de manière autonome et en intelligence collective des thèmes d’actualité sous la direction d’animateurs pédagogiques.

Selon une démarche comparative
En France, en Europe et à l’international, ces études de cas permettent
i) de réaliser la richesse et la diversité des sites de recherche, d’enseignement, d’innovation,
ii) de percevoir ce qui fonde les interactions entre acteurs,
iii) d’appréhender les relations entre les systèmes politiques, les cultures et les sciences, les synergies des acteurs ou leurs dissensions. Les auditeurs
produisent collectivement des rapports d’étonnement réunissant leurs réflexions et questionnements sur ces trois grandes dimensions.

Par immersion
Une journée d’immersion auprès d’un ancien auditeur fournit à chaque auditeur la possibilité d’étudier concrètement un environnement professionnel différent.

• Des productions

Les études de cas donnent lieu à des rédactions collectives et individuelles de natures variées (rapports d’étonnement, rapports d’immersion).

• Des mécanismes d’enregistrement des acquis

À la fin de chaque session, les auditeurs rédigent individuellement et anonymement une synthèse de leurs acquis et formulent des propositions. L’IHEST adapte ainsi la progression du cycle.

Poser sa candidature

Compétences : les plus du sujet L’inconnaissance, vecteur d’inventivité

.

• Mobilisation des savoirs historiques et pratiques sur l’inconnaissance pour apprivoiser le doute et entreprendre avec confiance. Nouvelle donne du numérique.• Stratégies vis-à-vis de la rivalité mondiale des intelligences et de la mondialisation des talents, moyens de son excellence et inclusion.
• Meilleure maîtrise du risque de jugements et de décisions trop rapides. Cette maîtrise ouvre l’espace d’échanges pour traiter les fractures économiques et sociales, inter et intra territoriales et donne des clés pour l’organisation de l’action collective.• Préparation des transformations des conditions de production, de travail, de négoce et de démocratie liées à l’évolution des technologies et aux nouvelles pratiques sociales.
• Stratégies de décision tenant compte de l’incertitude inhérente aux innovations.• Conception de nouvelles formes de transmission des connaissances.

lundi 30 octobre 2017, par HUCHERY Mélissa