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Editorial

Une veille permanente de la marche pour les sciences

Ce 22 avril, jour international de la terre, anniversaire de la naissance du mouvement colossal pour l’environnement, est, en 2017, celui des marches pour les sciences. Des marches au pluriel car elles auront lieu sur toute la planète, et des sciences au pluriel car les scientifiques de toutes disciplines la formeront.

Qu’avons-nous oublié en route, ou trop tenu pour acquis ? Car c’est justement avec les connaissances scientifiques que s’est forgée la conscience des problématiques environnementales, ce sont des scientifiques qui sont devenus lanceurs d’alerte…c’est comme si, face à l’alerte, il y avait un boomerang, on se croirait dans un jeu de quilles. le boomerang, selon la puissance de son lanceur, fait vaciller la pose des constructions scientifiques. Elles ont été échafaudées dans le temps, avec cette quête d’élégance et d’universalité, qui, bien qu’essentielle, est la marque de leur vulnérabilité. Aussi, les communautés qui les fabriquent, défendent la subtilité de cette architecture en portant des facteurs d’exclusion. N’oublions pas de les traiter pour la suite de l’histoire de notre humanité.

Cette marche a été initiée par des scientifiques qui, aux États-Unis, savent la fabrique des connaissances scientifiques menacée. Ailleurs, ce sont les scientifiques eux-mêmes qui s’expatrient parce qu’ils ont trop exposé leur logique égalitaire. Il faut dire que la démarche scientifique a une certaine efficacité en la matière.

L’IHEST a été conçu comme une ressource et un remède, pour maintenir ouvert et productif un espace entre sciences et sociétés. L’IHEST comprend ces menaces à travers ses auditeurs scientifiques. L’association des auditeurs s’est organisée pour participer à la marche, chaque membre de l’équipe de l’IHEST se détermine à marcher. Ce pourrait être une démonstration, s’il en fallait, de notre manière de soutenir. Et entre-temps, nous recherchons de quelles ressources ont besoin celles et ceux qui veulent savoir, celles et ceux qui veulent penser. Parce que, compte tenu des connaissances accumulées, aujourd’hui penser et penser ensemble, c’est pouvoir. Nous avons puisé dans ce qu’on appelle notre patrimoine immatériel, ces exposés, conférences, tables rondes, controverses, carnets d’auditeurs, soit autant de matières scientifiques au pluriel où tracer un itineraire pour user de la science et d’autres connaissances et ne pas être abusé.

En d’autres termes, du carburant pour marcher pour les sciences, avec les scientifiques en étant familier de leur démarche. Faisons cette expérience de penser ce que serait une société sans science et en corolaire des scientifiques absents de la construction citoyenne. Cette marche nous dit combien la science devient un bien commun universel dont il faut prendre soin au même titre que la santé, la sécurité, l’eau, et la terre. En fait, on ne peut plus prendre soin de la terre sans environner la pluralité de la science. C’est affaire de responsabilité des États et de chacun. Belle marche à tous et au pluriel.

Muriel MAMBRINI-DOUDET
Directrice de l’IHEST

samedi 22 avril 2017, par Olivier Dargouge