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Chine : science, innovation et société

La recherche en Chine

Considérée au XXe siècle comme « l’atelier du monde », la Chine ambitionne aujourd’hui de devenir le « laboratoire du monde » au XXIe siècle. Pour atteindre cet objectif, la stratégie chinoise est claire : utiliser la recherche, le développement et l’innovation. Si en 30 ans la Chine a réalisé d’énormes progrès dans différents secteurs technologiques, qu’en est-il vraiment de l’état de la recherche en Chine ?

Une volonté politique affirmée, une recherche planifiée

2,5% du PIB consacré à la recherche à l’horizon 2020 : tel est l’ambitieux objectif aujourd’hui affiché par la Chine. Avec une augmentation de 20% de ses investissements en RDI entre 2005 et 2010, la Chine semble bien décidée à mettre son programme à exécution. Pour ce faire, les moyens ne manquent pas :

  • Elaboration d’une stratégie nationale de recherche sous l’autorité du Conseil des affaires d’Etat en lien avec la Commission nationale du développement et des réformes (NDRC), et avec le ministère de la Science et de la Technologie (MoST), et de nombreux autres ministères (Ministère de l’Industrie et des Technologies de l’information – (MIIT), Ministère de l’Éducation - MoE), académies (Académie d’ingénierie de Chine - CAE, Académie des sciences de Chine - CAS) et fondations (Fondation nationale des sciences naturelles - NFCS).
  • Elaboration de plans à long, moyen et court terme, dont le Plan à moyen long terme sur le Développement Scientifique et Technologique (2006-2020), la feuille de route de la CAS (2010-2050) et le XIIe plan quinquennal du MoST (2011-2015).
  • Mise en place de programmes nationaux mis en œuvre au niveau régional dont : le programme 973 de recherche fondamentale, le programme de la NFSC, le Key Basic Research programme, le programme 863 (Hi-Tech R&D), le National Key Technologies R&D programme, les National Major S&T Projects et le programme Torch lancé en août 1988.
  • Lancement des National Key Laboratories et des State Key Laboratories pour développer la recherche dans des domaines recensés comme prioritaires. Une politique volontariste qui a permis à la Chine de passer entre 2005 et 2011 du 5e au 2e rang mondial en termes de nombre de publications.

Une recherche tournée vers l’industrie

Sous-tendue par une démarche très pragmatique de ses chercheurs consistant à s’appuyer sur l’expérimentation, la recherche chinoise se caractérise par sa grande proximité avec le monde industriel. Une intrication évidemment favorable au transfert technologique comme en témoigne le fait d’encourager les institutions d’enseignement supérieur à créer des entreprises, à valoriser leurs activités de recherche et à transférer des technologies nées dans les laboratoires. Pour accélérer ce transfert des laboratoires vers les entreprises, la Chine multiplie par ailleurs les parcs technologiques – comme Biolake visité par les auditeurs de la promotion Christiane Desroches-Noblecourt – censés attirer les entreprises et les capitaux étrangers. Cette politique commence à porter ses fruits dans des domaines aussi divers que l’optique, les biotechnologies ou le développement durable.

La recherche fondamentale : le parent pauvre de la science chinoise

Alors qu’elle est respectivement aux Etats-Unis et en France de 0,5% et de 0,53%, la part du PIB consacrée à la recherche fondamentale ne dépasse pas en Chine les 0,07%. A l’origine de ce retard : un déficit d’investissements sur une très longue période qui a notamment eu pour conséquence de voir les chercheurs – contraints de financer leurs activités à 30% minimum, parfois 70% – s’orienter majoritairement vers la recherche appliquée. Autre raison à l’origine de ce retard : le manque de créativité des étudiants s’orientant vers la recherche mais issus d’un système d’éducation rigide fondé sur l’apprentissage « par cœur ». Si une recherche fondamentale pleinement innovante peine à émerger c’est enfin en raison d’un manque de liberté individuelle et de transparence dans un pays où chaque établissement se voit placé sous la tutelle conjointe d’un scientifique et d’un membre du parti communiste et où les programmes sont évalués par des experts chinois choisis par les autorités.
Pourtant, malgré la faiblesse de sa recherche fondamentale, la Chine parvient à transformer sa connaissance scientifique en innovation là où l’Europe n’en finit pas de perdre des parts de marché.

Les enjeux pour demain

Pour poursuivre son avancée sur le chemin de l’excellence scientifique, la Chine doit parvenir à un développement économique, social et environnemental harmonieux. Or pour maintenir la paix sociale, elle doit obligatoirement maintenir une croissance annuelle du PIB supérieure à 5%. Crise mondiale, diminution des exportations, augmentation de la facture énergétique : nombreux sont aujourd’hui pour elle les obstacles à surmonter.
Toutefois, si la Chine relève le défi du maintien de la cohésion, elle pourra compter sur une population qui de par sa taille, sa culture et son histoire, sera son principal atout.

Les chiffres clés de la recherche
Investissement en RDI : plus 20% entre 2005 et 2010
Part de PIB consacré à la recherche : 1,75 % dont 77,7 % par les industries
Part de PIB consacré à la recherche fondamentale : 0,07 %
Nombre de publications : 2e rang mondial en 2011.
Détention de brevets : 3e rang mondial
Carnet de voyage Chine (2012)

. L’excellence scientifique chinoise : mythe ou réalité ?, par Cécile LESTIENNE, Ramesh PYNDIAH, Anne RIZAND, Walter ROEST (1)

. Stratégie de développement des TIC en Chine, par Olivier AUDOUIN, Thomas Emmanuel GERARD, Marc SOULAS, Jean-Michel TANGUY (4)

. La planification de la recherche et de l’innovation et ses acteurs, par Dominique BERRY, Jean-François CERVEL, Hélène LUCAS, Stéphane ROY (5)

. Les stratégies de recherche et d’innovation nationales, provinciales et municipales : articulation des niveaux d’autorité, par Carole COUVERT, Véronique DEBISSCHOP, Sacha KALLENBACH, Krzysztof KOZLOWSKI (6)

lundi 13 janvier 2014, par HUCHERY Mélissa