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Chine : science, innovation et société

L’enseignement supérieur

Avec 2 263 universités regroupant 31 millions d’étudiants, le système universitaire chinois est actuellement en pleine expansion. Jalon important sur le chemin de l’excellence scientifique, il est l’objet de nombreuses réformes depuis plus de quinze ans. L’objectif de ces réformes : faire du système d’enseignement supérieur chinois l’un des meilleurs systèmes universitaires mondiaux. Entre objectifs ambitieux et freins structurels, qu’en est-il réellement de l’enseignement supérieur chinois ?

Spécificité de l’enseignement secondaire et supérieur chinois

Un des principaux obstacles de la Chine sur le chemin de l’excellence scientifique demeure probablement son système éducatif. L’enseignement est en effet depuis toujours centré sur la réussite aux examens et la restitution d’énoncés théoriques. L’État semble ainsi vouloir cantonner l’école et l’université dans un rôle d’apprentissage technique au service direct de la croissance économique. Dans un système aux racines confucianistes où l’autorité et la parole de l’enseignant ne sont jamais remises en cause, peu d’efforts ont ainsi été réalisés pour développer chez l’étudiant la pensée autonome, l’esprit critique ou encore le goût de la découverte. Conscient de cette faiblesse, le gouvernement a lancé un plan de réforme et de rénovation du système éducatif pour les années 2010/2020, visant à améliorer l’enseignement obligatoire de base (Mandarin, Mathématiques, Anglais) et celui des sciences.

Le grand défi de l’université : former 20% des étudiants de la planète

Avec 23 millions d’inscrits, l’université chinoise constitue le plus grand réservoir d’étudiants de la planète. L’accès à l’université reste cependant très sélectif puisque seulement 3/5e des presque 9 millions de candidats au Gaokao sont admis. Toutefois la capacité d’accueil a été considérablement augmentée ces dernières années. Alors qu’en 1994 seulement 7% d’une classe d’âge pouvait s’inscrire à l’université, ce taux est passé à 26% en 2011. Et la Chine ne compte pas en rester là : les objectifs fixés par le gouvernement pour 2020 visent en effet la moyenne actuelle des pays de la zone OCDE, soit 45 à 50% d’une classe d’âge. Comment former cette manne d’étudiants pour faire de la Chine le laboratoire du monde ? Tel est le défi de l’université chinoise aujourd’hui.

Un système d’enseignement supérieur en pleine réforme

Pour accélérer la montée en puissance de sa recherche, le gouvernement chinois a mis en place des réformes et des programmes visant plusieurs objectifs :
. Augmenter la capacité d’accueil des universités.
. Créer des pôles et des disciplines d’excellence.
. Internationaliser les formations et inverser la fuite des cerveaux.
. Former les ressources humaines nécessaires au développement du pays.
. Positionner 100 universités chinoises dans les premières parties du classement mondial d’ici 2020.
Afin d’atteindre le meilleur niveau mondial, la Chine s’appuie notamment sur un système d’attraction de la diaspora chinoise installée à l’étranger via deux programmes importants : le programme 100 talents et le programme 1000 talents. Elle envisage également d’attirer des talents internationaux et de renforcer la coopération internationale : le gouvernement compte en effet attirer 6% des chercheurs et 500 000 étudiants étrangers dans les laboratoires et universités chinoises.

Mais une université sous contrainte

Si le paysage chinois évolue, l’université répond encore parfois difficilement aux défis posés par le développement économique et l’ouverture et ce pour plusieurs raisons.
. Réalisée en un temps record, cette réforme ambitieuse n’a pas pris en compte le temps de réaction et d’adaptation au changement de l’administration des universités et des enseignants eux-mêmes. L’organisation interne et le système de prise de décision n’ont pas encore complètement assimilé ces grandes mutations et le parti communiste continue de jouer un rôle déterminant dans les orientations stratégiques et les programmes.
. La contrainte financière a elle aussi été sous estimée. Pour réaliser ces réformes, l’Etat chinois a engagé dès les années 90 un important mouvement de décentralisation avec une autonomisation financière des universités. Autrefois financeur exclusif de l’université, l’Etat a ainsi vu sa contribution diminuer au fil des ans : de 75% en 1995, cette dernière n’était en effet plus que de 32% en 2010.

lundi 13 janvier 2014, par HUCHERY Mélissa