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Dossier Allemagne

Les défis sociétaux

La transition énergétique en Allemagne

L’écologie étant très ancrée dans la culture allemande, le paquet « énergie climat » adopté au niveau communautaire en 2008 a tout de suite été considéré avec sérieux non seulement par les communautés politiques et scientifiques allemandes mais également par l’ensemble de la société.

Une transition volontariste soutenue par un contexte favorable

L’Allemagne n’a pas attendu l’adoption du paquet « énergie climat » pour s’engager dans une transition vers les énergies renouvelables. Suite à des pressions de la société, elle avait en effet déjà engagé ce mouvement depuis 2001 avec la loi de sortie du nucléaire à l’horizon 2020. Après l’accident de la centrale de Fukushima en 2011, la coalition au gouvernement en Allemagne a décidé d’accélérer sa transition vers les énergies renouvelables. Fin 2011 : une nouvelle loi sur l’énergie est ratifiée. Elle prévoie une phase d’arrêt des centrales nucléaires et le remplacement par d’autres énergies de 2011 à 2022, et une phase de transition énergétique via le développement des énergies renouvelables et des technologies associées de 2022 à 2050. Pour assurer cette transition, l’Allemagne entend transformer le challenge de l’écologie en chance de développement. Bien que très volontariste, cette politique fait l’objet d’un large consensus dans ce pays où la démarche citoyenne d’économie d’énergie est ancrée de longue date dans les traditions.

Des dispositions concrètes et des initiatives d’avant-garde

Deux domaines sont au cœur des mesures actuellement menées en Allemagne : les transports et l’urbanisme. Dans un pays où la voiture particulière est une institution, la consommation d’énergie du secteur des transports est en effet une préoccupation. Pour lutter contre ce problème, c’est sur le développement de véhicules hybrides et les exemptions de vignettes à l’achat que compte le pays. En termes d’urbanisme, la présentation des perspectives de développement urbain de Hambourg a permis de montrer que l’essentiel des efforts se concentraient sur le centre de l’agglomération, l’objectif étant de reconquérir certains espaces délaissés pour mettre un frein à l’expansion de la périphérie et parvenir à un urbanisme plus économe en énergie.

Outre la réduction des dépenses énergétiques, la politique actuellement menée en Allemagne permet de pousser des programmes de R&D vitaux pour l’industrie allemande. Pour relever les défis de demain, industriels et scientifiques étudient par exemple la mise en place de réseaux électriques intelligents (Smart Grid).

Des zones d’ombre

Malgré le développement des énergies renouvelables, la sortie du nucléaire devrait se traduire par l’augmentation des fossiles et donc des émissions de CO2 du pays. Une des solutions envisagées est le stockage et le captage du CO2. Mais dans la mesure où les prix du CO2 sont restés relativement bas et où les problèmes d’acceptation sur le stockage n’ont fait que croître, la plupart des projets pilotes dans ce domaine ont été abandonnés ou reportés.

Pour aller plus loin

Carnet de voyage Allemagne (2009)

. Le paquet énergie-climat : enjeux et débat (8)

Carnet de voyage Allemagne (2012)

. La transition énergétique en Allemagne : enjeux et débats (6)
Dossier énergie du portail pour la science de l’Ambassade de France en Allemagne

Le vieillissement

Un taux de natalité très faible, une espérance de vie qui progresse : l’Allemagne doit aujourd’hui faire face à un immense défi démographique, celui du vieillissement de sa population.
Des chiffres alarmants
Non seulement la population allemande diminue, mais en plus elle vieillit de façon accélérée comme en témoignent les chiffres suivants :

  • Un taux de natalité de 1,3%.
  • Une population qui devrait passer de 82 à 74 millions d’habitants entre 2010 et 2050.
  • Un nombre de jeunes de moins de 20 ans qui devrait passer de 15 à 11 millions entre 2010 et 2050.
  • Un nombre de personnes de plus de 60 ans qui devrait passer de 26 à 40% de la population entre 2010 et 2050.
  • Un nombre de personnes de plus de 80 ans qui devrait passer de 4 à 14% de la population entre 2010 et 2050.
  • Une perte de 6 millions d’actifs en 20 ans.

Le problème de la dépendance

Au premier rang des conséquences de ce vieillissement de la population : la question de la dépendance. La perte d’autonomie touche une personne sur trois à 80 ans. Or nombre des séniors appelés à être frappés par la perte d’autonomie n’auront pas de descendants familiaux pour s’occuper d’eux. Une situation de plus aggravée par l’augmentation de la mobilité géographique des actifs qui entraîne un affaiblissement des solidarités de proximité. En l’absence de structures familiales suffisantes, le coût de la prise en charge sociale de la dépendance est donc nécessairement appelé à s’accroitre.

Un système de protection sociale déstabilisé

Fondé sur l’assurance et les cotisations et non pas comme en France sur l’impôt et la redistribution de la richesse, le financement du système social allemand ne laisse que très peu de place à l’Etat. La mentalité allemande restant très réservée vis-à-vis de l’intervention de l’Etat dans les sphères privées, les différents régimes – vieillesse, maladie, chômage – sont en effet régis par des caisses de droit privé qui fonctionnent de façon autonome, selon le principe de subsidiarité. Si ce modèle a très bien fonctionné par le passé, les systèmes de protection sociale actuels arrivent en limite de capacité et voient leurs équilibres remis en cause. Pour faire face à cette situation, l’Allemagne a donc mis en place des dispositifs originaux tels que le congé de soutien familial.


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Pour en savoir plus

> Carnet de voyage Allemagne (2009)
PDF - 51 ko
3-L’initiative des clusters de pointe (spitzencluster)
> Carnet de voyage Allemagne (2012)
PDF - 44.2 ko
9- Capital humain et modèle social allemand : quelles spécificités ?

samedi 20 octobre 2012, par Webmaster IHEST


Mots clés : Allemagne