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Quand la science entre en politique - vidéo

Mark BROWN : Le point de vue des sciences politiques

Politique et science se construisent en interaction

Que signifie politiser la science ?
Mark BROWN, professeur, Department of Government, California State University (Sacramento, Etats-Unis)

Mark Brown met en garde tout de suite sur les termes : il existe beaucoup de politiques et de politisation, ce dernier terme étant souvent connoté négativement dans les medias. Exemples récents en Amérique du nord de politisation de la science : question de l’avortement sous George W Bush ; manifestions de scientifiques dans les rues de Montréal ; position politique des démocrates et des républicains sur le changement climatique.
Politisation rime souvent avec détournement ou manipulation idéologique ou religieuse. La politisation de la science doit aussi être vue dans le contexte social : inégalités sociales, complexité technique, contestation de l’autorité, institutions transnationales etc. Apparaît un paradoxe : plus on fait confiance aux experts, plus ils sont utilisés en politique, et en retour, moins on leur fait confiance (perte de crédibilité).
D’où un dilemme : que faire si d’un côté on veut une science non politique alors qu’on l’utilise pour faire de la politique ! En fait la politisation de la science est une démarche : politique et science se construisent en interaction.
Qu’est-ce que la politique, est-ce l’exercice d’un pouvoir, la promotion du bien commun, ou autres ? Mark Brown distingue l’adjectif politique (notion d’espace) du substantif (notion d’activité). Il nous propose une définition du substantif : ensemble d’activités de construction commune de décisions dans un contexte de pouvoir et de conflits.
Mark Brown pointe aussi la question des conflits latents qui ne se politisent que lorsqu’ils sont mis au jour et discutés avant d’être dépolitisés par différentes voies (consensus, vote, reprise culturelle …).
Il souligne aussi l’importance des approches culturelles dans la politisation (catastrophisme ou scepticisme pour le changement climatique) et les réponses communes à la science politisée : sa suppression (technocratie, moralisme), un déplacement par la privatisation ou la commercialisation, l’institutionalisation par la participation du public.
Extrait de la lettre de l’université européenne d’été de l’IHEST du 9 juillet 2014

Voir les autres entretiens de l’université européenne d’été dans ce dossier ainsi que les cartes postales vidéo et la lettre quotidienne publiés chaque jour durant l’université d’été : Les 5 numéros de la lettre et les cartes postales

mercredi 15 octobre 2014, par HUCHERY Mélissa