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Les sociétés à l’épreuve du changement climatique

La Chine : approche spécifique du changement climatique

Discussions issues de l’université d’été 2015 de l’IHEST.

Lors de son intervention à l’université d’été 2015 de l’IHEST, Huang Yitian a souligné que si la Chine est réputé le pays qui enregistre le plus fort taux d’émissions de CO2, il faut tout de suite ajouter que ses émissions sont relativement basses quand on les rapporte au nombre de ses habitants. Cela dit, le gouvernement reconnaît les risques que représente le changement climatique pour ses intérêts nationaux, son principal souci restant la sécurité énergétique du pays.

Dans ce paysage compliqué, quels sont les moteurs du changement ? Sa politique n’a pas changé depuis 1992 : elle repose sur le principe de responsabilité différencié. Elle a bien compris qu’il y avait une pression internationale forte. Mais si un modèle économe en carbone est un objectif louable, comment y parvenir ?

Par une économie basée sur l’innovation, en utilisant mieux les ressources, de manière à réduire la dépendance aux pays étrangers. En promouvant aussi un mécanisme de marché du carbone, objectif du gouverne- ment chinois. Mais le contexte économique reste difficile, alors que le gouvernement veut créer plus de 10 millions d’emplois tous les ans. La Chine voudrait pouvoir construire des centrales nucléaires, mais elle manque d’uranium. Elle travaille activement pour avoir accès à de nouvelles technologies, qui supposent des accords sur la propriété intellectuelle. Quoi qu’il en soit, le changement ne sera pas simple, la sécurité énergétique du pays étant le point clé. Elle devra travailler sur ses propres capacités, l’Europe et les Etats-Unis pouvant leur apporter une assistance technique.

En ce qui concerne l’innovation en Chine, Huang Yitian indique que la R&D est financée par le gouvernement et les groupes de recherche dans les établissements publics. Le gouvernement investit énormément pour l’innovation, mais il y a des variations importantes selon les régions. La coordination nationale des politiques
est un tableau complexe. Le secteur privé est aussi très actif en matière d’innovation technologique et énergétique (ex : Sunpower, véhicules éléctriques). En revanche, les Chinois ne s’intéressent pas aux investissements à long terme et privilégient les travaux conduisant à des bénéfices à court terme. Huang Yitian souligne enfin l’importance pour la Chine de protéger ses propres technologies en rappelant la querelle Chine/Allemagne concernant les panneaux solaires.

Compte-rendu des interventions :

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Bo Yan et Zhang Ji - La Chine : approche spécifique du changement climatique


PDF - 1 Mo
Bo Yan - Perception publique, définitions officielles en chine

jeudi 5 novembre 2015, par Patricia MULLER