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Les sociétés à l’épreuve du changement climatique

L’agriculture et l’alimentation mondiale : quelles utopies ?

Face au changement climatique, quelles utopies imaginer pour une agriculture mondiale dominée, depuis l’après guerre, par un développement inspiré du monde industriel, où domine le concept d’amélioration de la productivité de l’animal, de l’hectare, du travailleur ? Une histoire du développement de la recherche agricole mondiale clairement évoquée par Bernard Hubert et qui se conclut par un milliard de personnes sous nourries aujourd’hui, y compris dans les pays industrialisés.

L’utopie productiviste, c’est un peu celle qui guide les grands exploitants brésiliens, notamment producteurs de soja, qui rêvent de faire du Brésil la « ferme du monde » comme l’a décrit Neli de Mello Thery. On sait pourtant que le changement climatique va provoquer une baisse de la pluviométrie au centre, au nord et au nordeste, une augmentation au sud et au sud est. Les pires scenarios du GIEC anticipent des pertes colossales, par exemple 1 200 000 tonnes de soja par an, mais les producteurs continuent de croire que la technologie y pourvoira, avec des nouveaux cultivars ou des nouvelles structures de production.

Avec l’étude Agrimonde (Agricultures et alimentations du monde en 2050), Sébastien Treyer explique comment des prospectivistes ont tenté de sortir de ce cadrage hégémonique de la capacité à produire en soulevant par exemple la question de la demande alimentaire. « Le vrai en prospective ça n’existe pas, c’est une modélisation parmi d’autres. » souligne Sébastien Treyer qui en appelle à la pluralité des imaginaires pour envisager l’avenir.

Ainsi, les utopies agricoles peuvent aussi reposer sur des solutions simples comme le propose Rosa Issolah pour faire face au problème déjà crucial de l’eau en Algérie, où la quantité disponible par habitant est déjà 30% en dessous du seuil de pénurie des Nations unies. Les solutions préconisées intéressent le système de distribution d’eau, responsable de 40 à 50 % de pertes, la création de station d’épuration, l’efficacité de l’eau d’irrigation, le concept d’eau virtuelle, qui prend en compte la quantité d’eau potentiellement économisée avec les importations de produits agricoles pour choisir d’exploiter les cultures les moins consommatrices, et la question de la tarification de l’eau.

Ce respect de règles simples de gestion des ressources en eau en Algérie permettrait un gain de 72% des surfaces irriguées. Un objectif qui demande également un effort d’éducation et de communication avec les décideurs conclut Rosa Issolah qui invite son pays à réfléchir, avec ses partenaires, à l’Algérie de l’après pétrole.

Compte rendu de la table ronde Agriculture et alimentation mondiale : quelles utopies ?

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Table ronde - L’agriculture et l’alimentation mondiale : quelles utopies ?

jeudi 5 novembre 2015, par HUCHERY Mélissa


Thèmes : Grands défis