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Le temps de l’éducation

Nouvelles dynamiques nouveaux acteurs

La gouvernance mondiale du climat

Yves Le Bars souligne l’importance d’un espace politique mondial qui permette de bien relier les questions de climat, les objectifs de développement et le problème du financement. Avec beaucoup d’absence de décision et d’affaiblissement, l’égoïsme des nations semble revitalisé. Pour Yves Le Bars, les ONG ont la capacité de politiser un travail trop cloisonné, « la décentralisation des politiques est essentielle de même que le renforcement de la société civile. « Nous serons attentifs aux objectifs, aux solutions et aux dispositifs de contrôle. La COP 21 n’est qu’une étape.

Pour Christophe Roturier, il faut travailler à l’engagement des acteurs autres que les Etats. Pour les ONG, 3 axes de travail se rencontrent : sortir des énergies fossiles, augmenter les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. Certaines ONG mettent l’accent sur les objectifs à l’horizon 2050, d’autres insistent sur les objectifs à court terme (2015-2020). Christophe Roturier comme Yves Le Bars soulignent la grande importance du développement urbain.

Jean-François Minster évoque les entreprises, des acteurs qui désormais souhaitent montrer ce qu’ils font en matière de lutte contre le changement climatique et de développement durable. En devenant actionnaire majoritaire de l’entreprise Sunpower, Total est numéro deux mondial du photovoltaïque. Pour le groupe, qui développe un plan d’action à dix ans, le changement climatique est une réflexion prospective à long terme (2035-2040). Mais il faut sans cesse associer temps long et temps court, avoir une stratégie à long terme tout en gérant la crise, prendre des engagements tout en tenant compte de la rentabilité économique.

Pour Myriam Cau et Marc-André Fliniaux, à l’échelle locale se joue une relation de proximité, un maillage des acteurs sur le temps long. Les territoires gèrent l’irruption des citoyens dans le débat en organisant notamment des conférences citoyennes. Les « Plans climat » territoriaux visent à améliorer la coordination des politiques de différentes institutions publiques qui s’engagent sur une démarche de facteur quatre pour lutter contre les impacts du changement climatique d’ici à 2050 (quatre fois moins d’émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau de 1990).

En 2013, avec l’économiste américain Jeremy Rifkin, la région Nord-Pas-de-Calais a établit un « master plan » pour faire passer la région dans « la troisième révolution industrielle », une économie décarbonée. Celle-ci s’appuie sur cinq piliers : énergies renouvelables, bâtiments producteurs d’énergie, Nouvelles dynamiques,nouveaux acteurs stockage de l’énergie, réseaux intelligents, transports non polluants.

En Picardie, territoire rural ne comptant que des villes de moyenne importance, Marc-André Fliniaux mentionne des actions volontaristes, en lien avec les programmes de l’Ademe et avec le support financiers du contrat de plan Etat-Région et des fonds européens. Le Schéma régional climat air énergie picard définit à l’horizon 2020 et 2050 des orientations ambitieuses en termes de maîtrise de la demande énergétique, de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de qualité de l’air. Un tableau de bord Énergie Climat s’appuie sur le recueil des données suivantes : bilan des consommations énergétiques, production d’énergie en Picardie et réalisation de la mise à jour de l’inventaire régional des émissions de gaz à effet de serre.

De nombreuses démarches de planification énergétique apparaissent sur les territoires, il s’agit de répondre à plusieurs besoins essentiels : la nécessité de favoriser une dynamique de travail entre les territoires ; le besoin d’assurer la fiabilité des démarches de planification à travers la mise en place de dispositif de suivi et d’évaluation performants ; la nécessité de pouvoir raccorder la stratégie régionale aux stratégies territoriales dans un ensemble cohérent. L’adaptation est une thématique relativement nouvelle. ONG, politiques locales, entreprises, citoyens, les « nouveaux acteurs » s’accordent pour souligner qu’on en a fini avec le diagnostic global du changement climatique et que désormais les « nouvelles dynamiques » d’actions pour limiter les émissions de gaz à effet de serre ou pour adapter les modes de vie se situent à l’échelle locale.

Compte rendu de la table ronde : Nouvelles dynamiques, nouveaux acteurs

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Table ronde - Nouvelles dynamiques nouveaux acteurs

jeudi 5 novembre 2015, par HUCHERY Mélissa


Thèmes : Grands défis