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L’énergie : situation et prospectives

8 - L’énergie dans l’Union européenne

Quelle est la consommation d’énergie finale de l’Union européenne ?

La consommation d’énergie finale de l’Union européenne est équivalente à 1,2 milliards de tonnes de pétrole.

UE 27DFGBI
Consommation finale (tep/habitant)2,312,562,402,402,20
Charbon0,110,120,080,070,06
Pétrole0,970,961,091,070,95
Gaz0,540,720,480,750,66
Electricité0,490,560,570,480,44
Chaleur et déchets industriels0,090,080,020,05
Autres renouvelables0,130,130,180,020,04
Consommation finale totale (Mtep)1 157,68210,29154,04147,93132,06

Consommation finale d’énergie dans l’Union européenne classée par sources d’énergie (chiffres 2007 pour éviter les biais dus à la crise économique de 2009) (Statistical pocketbook 2010. Commission européenne.). D : Allemagne ; F : France ; GB : Royaume-Uni ; I : Italie. L’énergie nucléaire (qui est comptée comme une énergie primaire) est présente ici sous la forme d’électricité (énergie finale). C’est le cas aussi pour l’énergie hydraulique ou l’éolien par exemple.

La consommation finale française diffère peu de la moyenne européenne. On peut cependant noter une consommation plus importante de pétrole, d’électricité et d’énergies renouvelables qui est contrebalancée par la faiblesse relative de la consommation de gaz et de charbon.

UE 27DFGBI
Consommation finale (tep/habitant)2,312,562,402,402,20
Industrie0,640,700,520,530,69
Transport0,750,760,800,910,74
route0,620,630,660,650,65
chemins de fer0,020,020,020,020,02
avions0,110,110,110,210,07
navigation intérieure0,010,000,000,020,00
Habitat0,570,740,650,660,77
Agriculture0,060,030,050,010,05
Services0,290,340,380,280,25
Consommation finale totale (Mtep)1 157,68210,29154,04147,93132,06

Consommation finale d’énergie dans l’Union européenne classée par secteurs économiques (chiffres 2007 pour éviter les biais dus à la crise économique de 2009) (Statistical pocketbook 2010. Commission européenne.). D : Allemagne ; F : France ; GB : Royaume-Uni ; I : Italie.

Une autre particularité de la France est la faiblesse du secteur industriel et l’importance des transports et des activités de service dans la consommation finale d’énergie.

La forte consommation d’énergie en Allemagne pour l’habitat est due au climat. A climat identique, la consommation finale de chauffage par mètre carré de logement est 23 % plus faible en Allemagne qu’en France.

D’autre part, à PIB égal, l’Allemagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni consomment moins d’énergie finale que la moyenne des Etats membres (respectivement -11 %, -16 %, -10 % et -9 %).

(EU energy trends to 2030 - Update 2009. Commission européenne. 4 August 2010. p. 54, pp. 57-59, p. 63,

Statistical pocketbook 2010. Commission européenne.,

L’énergie en Allemagne et en France : une comparaison instructive. Les cahiers de Global Chance n°30 et Institut du Développement Durable et des Relations Internationales. 30 septembre 2011. p. 92)

Quelle est la quantité de gaz à effet de serre émise par l’Union européenne ?

L’Union européenne émet l’équivalent de 5 milliards de tonne de CO2, soit 14 % environ des émissions mondiales (elle contribue à près de 26 % du PIB mondial). Les Etats membres qui émettent le plus de gaz à effet de serre sont l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie, la France et l’Espagne (dans l’ordre décroissant des émissions).

UE 27DFGBI
Production totale (tCO2/habitant)10,0611,668,2610,329,24
Combustion d’énergie
Production d’électricité et de chaleur3,204,620,983,452,70
Industrie1,301,451,121,331,29
Transport1,931,832,102,092,15
Résidentiel tertiaire1,181,471,341,571,23
Autre combustion d’énergie0,340,240,250,340,28
Autres sources d’émission
Procédés industriels0,821,000,640,470,62
Usage de solvants et d’autres produits0,020,020,02-0,04
Agriculture0,970,851,470,740,62
Déchets0,300,170,320,310,32
Production totale (MtCO2)5 045,37956,11531,10636,68554,57

Emissions de gaz à effet de serre dans l’Union européenne classée par secteurs économiques (chiffres 2007 pour éviter les biais dus à la crise économique de 2009) ([117]). D : Allemagne ; F : France ; GB : Royaume-Uni ; I : Italie.

La France se caractérise par une production électrique émettant peu de gaz à effet de serre. C’est une retombée directe du recours massif à l’énergie nucléaire. Les émissions dues au transport sont en revanche supérieures à la moyenne. Le niveau élevé des émissions dues à l’agriculture résulte de l’importance de ce secteur en France.

Evolution des émissions de gaz à effet de serre dans l’Union européenne entre 1990 et 2007 ([] EEA greenhouse gas - data viewer. Agence européenne pour l’environnement. -> http://www.eea.europa.eu/data-and-maps/data/data-viewers/greenhouse-gases-viewer]).

Les émissions de gaz à effet de serre ont diminué de 6,5 % dans la première moitié des années 1990. Elles sont à peu près stables depuis. Cette stabilité résulte de la forte augmentation des émissions dans les transports (+26 % entre 1990 et 2007) qui annule presque entièrement les progrès réalisés dans les autres secteurs. La baisse des émissions dans le secteur industriel résulte en grande partie de la fermeture des usines les plus polluantes.

D’autre part, à PIB égal, l’Allemagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni émettent moins de gaz à effet de serre que la moyenne des Etats membres (respectivement -8 %, -34 %, -13 % et -10 %).

(EU energy trends to 2030 - Update 2009. Commission européenne. 4 August 2010. p. 54, pp. 57-59, p. 63,

Greenhouse gas emissions in Europe : a retrospective trend analysis for the period 1990–2008. EEA Report N° 6/2011. 7 October 2011. p. 24, pp. 109-110, pp. 114-115,

Report from the Commission to the European Parliament and the Council progress towards achieving the Kyoto objectives (required under Article 5 of Decision 280/2004/EC of the European Parliament and of the Council concerning a mechanism for monitoring Community greenhouse gas emissions and for implementing the Kyoto Protocol). COM(2011) 624 final. Commission européenne. 7 octobre 2011. pp. 5-9,

Jacques PERCEBOIS, Claude MANDIL. Rapport Energies 2050. Centre d’analyse stratégique. Février 2012. p. 11,

Christian de PERTHUIS, Johanne BUBA, Aurélien MILLION, Pascale SCAPECCHI, Olivier TEISSIER. Trajectoires 2020-2050 vers une économie sobre en carbone. Centre d’analyse stratégique. Novembre 2011. ISBN : 978-2-11-008976-2. p. 50,

EEA greenhouse gas - data viewer. Agence européenne pour l’environnement.)

Quel est le poids des importations d’énergie primaire en Europe ?

L’Union européenne est la grande puissance économique qui dépend le plus des importations d’énergie primaire.

PaysPIB (PPA)PétroleGazCharbonUraniumTotal MtepImport/PIB
Union européenne15 150 6675542971101891 1691,0
Etats-Unis14 624 18451068-1737510,7
Chine10 084 369199-97173130,4
Japon4 308 62717991116664521,4

Importations d’énergie primaire par les quatre plus grandes puissances économiques mondiales (chiffres 2010). Le PIB est en millions de dollars (BP Statistical Review of World Energy. June 2011., Key World Energy Statistics 2010. International Energy Agency. October 2011. p. 11, p. 13, p. 15,

Energy, transport and environment indicators. Commission européenne. 30 november 2011. p. 40, p. 42,

World Uranium Mining. World Nuclear Association. December 2011.). La colonne Import/PIB correspond à Total des importations d’énergie primaire / PIB en donnant la valeur 1 à l’Union européenne. PIB (PPA) : PIB mesuré en parité de pouvoir d’achat.

On obtient une meilleure estimation de la dépendance de l’économie vis-à-vis des importations d’énergie en les comparants à PIB égal. Il apparaît alors que l’Union européenne a besoin d’importer 1,5 fois plus d’énergie que les Etats-Unis et 2,5 fois plus que la Chine pour obtenir un même PIB. Ce qui fragilise l’économie européenne d’autant. La situation du Japon est pire.

L’utilisation du PIB mesuré en pouvoir d’achat tourne le problème posé par la sous-évaluation de la monnaie chinoise et la surévaluation de la monnaie japonaise.

(BP Statistical Review of World Energy. June 2011.,

Key World Energy Statistics 2010. International Energy Agency. October 2011. p. 11, p. 13, p. 15,

Energy, transport and environment indicators. Commission européenne. 30 november 2011. p. 40, p. 42,

World Uranium Mining. World Nuclear Association. December 2011.)

Quels pays fournissent de l’énergie à l’Union européenne ?

Plus de la moitié de l’énergie importée par l’Union européenne vient de Russie et de Norvège (respectivement 39 % et 18 % du total des importations). Le reste des importations est réparti entre un grand nombre de pays.

PaysPétroleGazCharbonUraniumTotal (Mtep)
Russie1731083459374
Norvège7997176
Kazakhstan283361
Libye47956
Algérie4545
Australie92534
Afrique du Sud181432
Arabie saoudite3030
Iran2525
Niger2525
Canada2424
Colombie2020
Etats-Unis15419
Qatar1515
Indonésie88
Nigéria77
Ouzbékistan55
Autres1403595189
Total382280104189956

Origine des importations européennes d’énergie fossiles (chiffres 2009) et d’uranium (chiffres 2010) (Energy, transport and environment indicators. Commission européenne. 30 november 2011. p. 39, Origins of natural uranium delivered to European Union utilities. WISE Uranium Project., Purchases of Natural Uranium by EU utilities by origin, 1992-2010 (tU). Euratom.). Les chiffres de l’uranium ont été calculés en répartissant la production d’électricité nucléaire (208 Mtep) au prorata de la production européenne d’uranium naturel et de la quantité importée des différents pays. C’est une approximation car l’uranium n’est pas forcément consommé dans l’année.

(Energy, transport and environment indicators. Commission européenne. 30 november 2011. p. 39,

Origins of natural uranium delivered to European Union utilities. WISE Uranium Project.,

Purchases of Natural Uranium by EU utilities by origin, 1992-2010 (tU). Euratom.)

Le mix énergétique est-il le même dans tous les Etats membres de l’Union européenne ?

Non. Le mix énergétique diffère beaucoup d’un Etat membre à l’autre (le mix énergétique correspond à la proportion des différentes énergies primaires – l’expression bouquet énergétique est synonyme.

PétroleGazCharbonNucléaireHydrauliqueRenouvelablesTotal MtepPétroleGazCharbonNucléaireHydrauliqueRenouvelables
Allemagne1157377324193193623241016
Autriche1392-813339276-244
Belgique + Luxembourg3517511-1705025716-2
Bulgarie42731-182313371971
Danemark944--320452319--13
Espagne7531814101215050216968
Finlande10455322936121618118
France83421297143252331753861
Grèce1838-2133571026-52
Hongrie71034-12329421115-3
Irlande851--11552339-15
Italie736814-11617242408-73
Lituanie330---645463-51
Pays-Bas503981-2100503981-2
Pologne261354-1296271356-12
Portugal1353-4327461712-1410
République tchèque9816611412220391521
Roumanie912635-34263518813-
Royaume-Uni74843114152093540157-2
Slovaquie45331-162331162081
Suède15121315451293426308
Union européenne65244026820681671 7143826161254

Consommation d’énergie primaires dans l’Union européenne : 1) partie gauche en Mtep ; 2) partie droite en pourcentage, c’est-à-dire le mix (chiffres 2010) (BP Statistical Review of World Energy. June 2011. p. 41).

C’est un état de fait qui a peu de chance de changer car les mix énergétiques reflètent en grande partie l’état des ressources existantes ou ayant existées car il faut des décennies pour amortir les équipements. Ceci explique par exemple l’importance du charbon dans les pays de l’Est et en Allemagne, l’importance du gaz au Royaume-Uni, en Italie et aux Pays-Bas, l’importance de l’hydroélectricité en Suède et en Autriche et l’importance du nucléaire en France.

Le pétrole domine le mix énergétique en Grèce (57 % du mix), en Irlande (52 %), dans l’ensemble Belgique + Luxembourg (50 %), en Espagne (50 %) et aux Pays-Bas (50 %).

Le gaz domine le mix énergétique en Lituanie (46 %), en Hongrie (42 %), au Royaume-Uni (40 %), en Italie (40 %) et aux Pays-Bas (39 %).
Le charbon domine le mix énergétique en Pologne (56 %), en République tchèque (39 % et en Bulgarie (37 %).

Le nucléaire domine le mix énergétique en France (38 %). Il représente plus de 15 % du mix en Suède, en Slovaquie, en Bulgarie, en Finlande, dans l’ensemble Belgique + Luxembourg, en République tchèque et en Hongrie.

L’énergie hydraulique représente plus de 15 % du mix en Suède et en Autriche. Les autres énergies renouvelables représentent plus de 10 % du mix au Danemark et au Portugal.

(Nicole JESTIN-FLEURY. Y a-t-il une politique européenne de l’énergie ? Les études de l’IHEST. Janvier 2009. pp. 10-11,

BP Statistical Review of World Energy. June 2011. p. 41)

L’Union européenne peut-elle peser sur les choix énergétiques des Etats membres ?

Depuis le traité de Lisbonne (entré en vigueur en décembre 2009), l’Union européenne peut prendre des mesures qui visent : 1) à assurer le fonctionnement du marché de l’énergie ; 2) à assurer la sécurité de l’approvisionnement énergétique dans l’Union ; 3) à promouvoir l’efficacité énergétique et les économies d’énergie ainsi que le développement des énergies nouvelles et renouvelables ; 4) à promouvoir l’interconnexion des réseaux énergétiques. Les décisions relevant du domaine fiscal doivent être prises à l’unanimité du Conseil (il est constitué des chefs d’Etat ou de gouvernement).

L’Union européenne peut fixer des objectifs contraignants. Ainsi, le poids minimum des énergies renouvelables dans le mix énergétique de 2020 est fixé par l’Union européenne pour chaque Etat membre, chacun d’eux choisissant ensuite le moyen d’y arriver.

Cependant l’harmonisation n’est que partielle. Chaque Etat membre reste libre de déterminer les conditions d’exploitation de ses ressources énergétiques, son mix énergétique et son approvisionnement énergétique.

(Nicole JESTIN-FLEURY. Y a-t-il une politique européenne de l’énergie ? Les études de l’IHEST. Janvier 2009. pp. 7-9, p. 15,

Versions consolidées du traité sur l’Union européenne et du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Journal officiel de l’Union européenne. 30 mars 2010. Art. 194,

Politique européenne de l’énergie. Synthèse de la législation de l’Union européenne.)

Quelle est l’analyse de la Commission sur les faiblesses de l’Europe en matière d’énergie ?

Pour la Commission, la faiblesse essentielle de l’Europe est qu’elle importe les deux-tiers de l’énergie primaire qu’elle consomme (1 169 Mtep sur 1 733 Mtep au total). Facteur aggravant, la consommation est couverte à 55 % par l’importation d’énergies fossiles.

La Commission est convaincue que : 1) le marché pétrolier international pourrait connaître une pénurie avant 2020 ; 2) la sécurité d’approvisionnement n’est pas assurée. La crise russo-ukrainienne de janvier 2009 est symptomatique à cet égard : l’Union européenne a perdu pendant deux semaines 30 % de son approvisionnement en gaz.

La Commission constate que l’influence de l’Union européenne sur les marchés internationaux de l’énergie n’est pas à la hauteur de son importance économique (c’est le premier importateur mondial d’énergie).

Pour la Commission, tous ces problèmes sont fortement aggravés par l’absence d’une politique énergétique véritablement européenne. Elle constate et elle regrette l’approche individualiste des Etats membres qui se traduit par : 1) la fragmentation du marché intérieur (l’opérateur historique a conservé un quasi-monopole dans chaque Etat membre au prix souvent d’entorses aux règles de la concurrence) ; 2) l’absence de solidarité sur le marché international, chacun privilégiant les relations bilatérales avec ses fournisseurs ou les pays par lesquels transite l’énergie.

Pour la Commission, les dysfonctionnements du marché intérieur conduisent notamment à un prix trop élevé de l’énergie qui défavorise les entreprises (les prix de l’électricité en Europe sont en moyenne 21 % plus élevés qu’aux États-Unis, ou 197 % plus élevés qu’en Chine).

(Les enjeux des approvisionnements européens en gaz. Rapport 2009 sur l’industrie pétrolière et gazière. Direction Générale de l’Energie et du Climat – Direction de l’Energie. 29 juin 2010.,

Energie 2020 Stratégie pour une énergie compétitive, durable et sûre. Communication de la Commission au parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions. COM(2010) 639 final. Commission européenne. 10 novembre 2010. pp. 3-5, p. 15, p. 20,

BP Statistical Review of World Energy. June 2011. p. 42)

Quelles sont les grandes orientations de la politique européenne de l’énergie ?

La politique européenne de l’énergie vise en priorité à corriger les faiblesses identifiées par la Commission. Elle se compose de deux parties : 1) un « paquet énergie – climat » qui fixe des objectifs contraignants pour 2020 ; 2) la création d’une politique énergétique véritablement européenne.

Les objectifs du « paquet énergie – climat » pour 2020 : 1) les énergies renouvelables devront représenter 20 % de la consommation finale d’énergie ; 2) les émissions de gaz à effet de serre devront diminuer de 20 % par rapport à 1990 ; 2) la consommation d’énergie devra diminuer de 20 % par rapport à 1990 grâce à l’augmentation de l’efficacité énergétique.

Afin d’atteindre ces objectifs, l’Union européenne soutiendra fortement les recherches sur les technologies innovantes liées à l’énergie.


Créer une politique énergétique véritablement européenne :
1) la Commission luttera contre les comportements anticoncurrentiels dans le secteur de l’énergie ; 2) les réseaux de distribution du gaz et de l’électricité seront renforcés et modernisés au sein de l’Union et entre l’Union et les pays fournisseurs ; 3) les accords internationaux en vigueur seront harmonisés avec les règles du marché intérieur afin de renforcer la coopération entre Etats membres dans le cadre de la conclusion de nouveaux accords.

(Directive 2009/28/CE du Parlement européen et du Conseil du 23 avril 2009 relative à la promotion de l’utilisation de l’énergie produite à partir de sources renouvelables et modifiant puis abrogeant les directives 2001/77/CE et 2003/30/CE. Journal officiel de l’Union européenne. 5 juin 2009.,

Energie 2020 Stratégie pour une énergie compétitive, durable et sûre. Communication de la Commission au parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions. COM(2010) 639 final. Commission européenne. 10 novembre 2010. pp. 3-5, p. 22,

Plan 2011 pour l’efficacité énergétique. Communication de la Commission au parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions. COM(2011) 109 final. Commission européenne. 8 mars 2011. p. 3,

Rapport de la Commission sur la politique de concurrence 2010. 10 juin 2011. pp. 66-73,

Jacques PERCEBOIS, Claude MANDIL. Rapport Energies 2050. Centre d’analyse stratégique. Février 2012. pp. 30-33)

Où en est la mise en œuvre de la politique énergétique européenne ?

L’Union européenne risque de ne pas atteindre tous les objectifs du « paquet énergie – climat ».

La Commission a bon espoir que l’objectif de 20 % d’énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie soit atteint. En effet, la part des énergies renouvelables était entre 12 et 13 % en 2010 et elle devrait être autour de 17 % en 2020 si les choses continuent sur leur lancée (scénario du statu quo dit aussi business as usual).

En revanche la réduction de 20 % des émissions de gaz à effet de serre risque fort de ne pas être atteinte car il y a eu peu de progrès ces dernières années : 9 % en 2000, 13 % en 2010, probablement 14 % en 2020.

Un projet de directive sur l’efficacité énergétique est en discussion au printemps 2012. Il explicite la façon de réduire la consommation d’énergie de -20 % par rapport à 1990. Il donne la priorité à l’augmentation de l’efficacité énergétique des bâtiments et il impose une diminution des ventes d’énergie de 1,5 % par an. Les négociations butent sur les mesures à prendre pour l’amélioration de l’habitat (notamment sur la question Qui paye ?).

Par ailleurs, les grands Etats membres ne semblent pas prêts à renoncer aux accords bilatéraux avec leurs fournisseurs d’énergie.

(EU energy trends to 2030 - Update 2009. Commission européenne. 4 August 2010. pp. 9-10, p. 66, p. 124,

Proposition de directive du Parlement européen et du Conseil relative à l’efficacité énergétique et abrogeant les directives 2004/8/CE et 2006/32/CE. /* COM/2011/0370 final - COD 2011/0172 */. 22 juin 2011.,

Attention aux accords énergétiques bilatéraux qui sèment la « pagaille ». EurActiv. 26 septembre 2011.,

Report from the Commission to the European Parliament and the Council progress towards achieving the Kyoto objectives (required under Article 5 of Decision 280/2004/EC of the European Parliament and of the Council concerning a mechanism for monitoring Community greenhouse gas emissions and for implementing the Kyoto Protocol). COM(2011) 624 final. Commission européenne. 7 octobre 2011. p. 5,

L’état des énergies renouvelables en Europe. Onzième bilan – édition 2011. EurObserv’ER. Janvier 2012. pp. 104-110,

Phase finale des négociations sur la directive relative à l’efficacité énergétique. EurActiv. 10 avril 2012.,

EEA greenhouse gas - data viewer. Agence européenne pour l’environnement.)

Comment fonctionne le système des quotas d’émission de gaz à effet de serre ?

Suite à une directive de 2003, les Etats membres ont fixé les émissions maximales pour environ 10 000 grosses installations qui sont responsables de près de 40 % des émissions de gaz à effet de serre. Chaque installation a reçu un quota d’émission au-delà duquel elle doit payer une amende. La quasi-totalité des quotas d’émission sont attribués gratuitement et ils peuvent être échangés librement. C’est le système ETS (Emissions Trading System).

Les ETS n’ont eu qu’un impact limité : 1) la contrainte était faible car les quantités autorisées étaient très élevées. Ceci se traduit par un cours très bas des quotas d’émission (moins de huit euros la tonne de carbone au lieu de la trentaine d’euros prévue initialement). 2) 60 % des émissions sont dues à des secteurs non soumis aux ETS (ex : transport, bâtiment).

Une directive a été adoptée en 2009 pour corriger les imperfections du système. Elle entrera en vigueur le 1er janvier 2013. Les points majeurs sont la répartition des réductions d’émissions entre les Etats membres et l’élargissement des activités soumises à la réglementation. La réduction des émissions entre 2005 et 2020 devra être de 21 % pour les installations soumises actuellement au système ETS et de 10 % pour les autres. Une autre innovation est de vendre aux enchères un peu plus de la moitié des quotas d’émissions.

Au printemps 2012, les débats portaient sur la façon d’éviter que les entreprises polluantes soient délocalisées dans des pays où la réglementation est moins stricte.

(Directive 2009/29/CE du Parlement européen et du Conseil du 23 avril 2009 modifiant la directive 2003/87/CE afin d’améliorer et d’étendre le système communautaire d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre. Journal officiel de l’Union européenne. 5 juin 2009.,

Jacques PERCEBOIS, Claude MANDIL. Rapport Energies 2050. Centre d’analyse stratégique. Février 2012. p. 31,

Certains secteurs ne seront pas obligés de respecter toutes les obligations de l’ETS. EurActiv. 15 mai 2012.,

FAQs : Natural gas. International Energy Agency.)

jeudi 20 décembre 2012, par HUCHERY Mélissa


Thèmes : Grands défis
Mots clés : Energie