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Innovation - repères

Qu’en est-il de l’innovation à l’international ?

Chaque année, lors de leurs déplacements à l’étranger, les auditeurs de l’IHEST produisent des carnets de voyage, synthèse de leurs étonnements et de leurs découvertes.
Vous trouverez ci-dessous leurs réflexions concernant l’innovation dans les différents pays visités ainsi que des analyses de l’IHEST et de ses intervenants.

L’Allemagne

Le système de recherche et d’innovation en Allemagne est marqué par un ensemble de caractéristiques très spécifiques. Citons-en quelques-unes :

  • L’Allemagne est marquée par une dualité entre une recherche académique d’excellence (5ième mondial en terme de publication) et une recherche à vocation industrielle très performante, dont le Fraunhofer est l’expression emblématique des relations public/privé sur la recherche technologique. Cet institut a d’ ailleurs servis d’exemple à certaines initiatives en France. Deux chiffres illustrent cela : la R&D représente 2,87% du PIB ( contre 2,2 en France) dont les 2/3 par l’industrie.
  • Les recherches initiées par les industriels étant très majoritaires, l’État et les régions ont pour priorité de conforter leurs dynamiques en matière d’innovation technologique afin que les entreprises soient les plus compétitives possibles sur le marché européen et mondial.
  • Le tissu industriel allemand est aussi caractérisé par la présence d’un important réseau d’entreprises moyennes dont environ 25 % d’entre elles sont intensives en R&D.
  • Les régions s’impliquent fortement dans la définition des politiques de recherche, d’enseignement supérieur et d’innovation. Ces politiques reflètent les besoins particuliers de développement de chaque région, mais elles sont aussi couplées à la politique définie par l’État fédéral.
  • Les relations et les concertations entre l’État central et les régions sont en effet une autre des grandes caractéristiques du système allemand. Du côté des régions, les recherches finalisées vers les besoins industriels, (notamment les PME et l’enseignement supérieur techniques) ont donné lieu à des financements spécifiques et à des clusters industrie, enseignement, recherche très puissants, principalement dans le sud industriel mais aussi dans le Nord, l’exemple d’Hambourg est là pour le montrer.
  • Du côté national, 3 stratégies ont été mise en place : la stratégie high-tech destinée à promouvoir les transferts de technologie et l’innovation, l’initiative d’excellence pour concentrer les efforts sur une dizaine de pôles de recherche universitaire de dimension mondiale et le pacte pour la recherche et l’innovation, conçu avec les grands organismes de recherche pour atteindre les objectifs de Bologne. Ces 3 initiatives structurent la stratégie nationale de l’État allemand et ses relations avec les Länder.
  • En matière de ressources humaines, la formation aux métiers techniques (avec une forte prédominance de l’alternance) est également une dimension importante de l’écosystème allemand. Ces formations contribuent et sont le reflet du dynamisme de l’innovation technologique des entreprises.
  • La Fraunhofer-Gesellschaft est un organisme allemand spécialisé dans la recherche en sciences appliquées. Son nom vient du physicien Joseph von Fraunhofer.

Le Brésil

Depuis les années 50, le Brésil a connu un fort développement industriel et agricole.
Ainsi, des champions tel Embraer ?, Petrobras et d’autres ont émergé sur la scène économique mondiale. Parallèlement, le Brésil est devenu la « ferme du monde » et le troisième exportateur de denrées agricoles après les USA et l’Europe.

Ce développement s’est accompagné de l’émergence du premier pôle de recherche et d’enseignement supérieur de l’Amérique du sud. La recherche brésilienne est très concentrée sur les villes de Sao Paulo, (40 9 % ), et de Rio de Janeiro. Elle est de réputation mondiale en physique, chimie, sciences de la vie, et accompagne les secteurs stratégiques pour le Brésil que sont l’agriculture, l’énergie, l’aéronautique, l’espace et la santé.

Cette recherche est avant tout financée par l’État à plus de 60 %, elle est exécutée majoritairement par les universités. Si cette recherche reste majoritairement académique, elle est cependant très active sur l’impact du changement climatique grâce aux observations satellitaires, ainsi que sur le potentiel de développement du Cerrado, la mise au point de biocarburants etc.

Fort de ce potentiel, le Brésil, à tous les atouts pour figurer parmi les pays dont la croissance sera autant basée sur l’accumulation de connaissances que sur l’exploitation de ses ressources agricoles, minières ou énergétique.

Pour accéder à ce niveau de développement, le Brésil doit faire face à de nombreux défis :

  • Favoriser l’émergence d’une recherche industrielle à la hauteur des ambitions du pays, la recherche et développement industriel ne dépassant pas actuellement 34 % du total de la recherche développement.
  • Inciter les industriels à mieux protéger leurs innovations qui restent pour l’instant plus orienté process que produit. La majorité des brevets est en effet déposée par le secteur public, que ce soient par les universités ou les organismes de recherche.
  • Développer les partenariats public-privé en matière de recherche et d’innovation, au moyen notamment de clusters, parcs technologiques… Trop peu nombreux actuellement.
  • Accroître l’attractivité et les possibilités d’accueil des universités, afin de répondre aux besoins de l’économie y compris au niveau des techniciens et techniciens supérieurs.
  • Accentuer la prise en compte de la dimension environnementale dans les politiques de recherche et d’innovation dans le domaine de l’énergie et de l’agroalimentaire.

La réduction des inégalités est un autre grand défi du Brésil, 30 % de la population vit dans un état de grande pauvreté. L’éducation est un des moyens qui à la fois per met de réduire à la fois de réduction ces inégalités et d’intégrer de la jeunesse dans l’économie du pays, intégration qui à son tour favorisera cette dynamique. Un effort important est déjà engagé par l’état pour remettre son enseignement primaire et secondaire au même niveau que l’enseignement privé, ce qui est une condition essentielle pour réduire la fracture sociale vis-à-vis de l’éducation.

Embraer : Constructeur aéronautique majeur, Embraer est devenu en moins de 10 ans leader sur le marché de l’aviation d’affaires.

  • Petróleo Brasileiro S.A. or Petrobras is a semi-public Brazilian multinational energy corporation headquartered in Rio de Janeiro, Brazil.

Le Canada

Lors de ce voyage, la ville de Montréal a permis d’observer des formes d’innovation basée sur ce que l’on appelle l’émergence de ville créative.

Dans cette ville en particulier, s’articule 3 niveaux :

  • L’upperrground, qui est composé d’entreprises, d’institutions publiques de recherche-développement, d’instituts de formation.
  • L’underground, constitué de la classe créative (artiste designer, chercheur, architecte..) qui est en mouvement perpétuel.
  • Le middleground, lieu de rencontre et de brassage entre ces deux univers où s’élabore : idées nouvelles, tendance, normes sociales, nouveaux usages…

Le dynamisme de la société Ubisoft symbolise ce fonctionnement qui lui assure depuis de nombreuses années des facteurs de compétitivité, ce qui la positionne au troisième rang mondial. Il faudrait également citer le Cirque du Soleil, la société des arts numériques sur les usages du numérique etc.

Une des caractéristiques des villes créatives comme Montréal est l’utilisation de friches industrielles et d’espace libre. En effet, ils sont utilisés de façon très créative comme lieux de partage, qu’il soit culturel, ludique, ou technologique.
Cette dynamique d’innovation très ouverte est également basée sur des politiques publiques anciennes qui ont construit un écosystème de recherche et d’enseignement supérieur très performant, Performant en termes scientifiques et techniques et en termes de valorisation de la recherche et de création d’entreprise.

Cette osmose entre les universités et les entreprises n’est pas spécifique à Montréal. On peut la retrouver à Chicago et dans bien d’autres villes des Etats-Unis. Elle repose tout d’abord sur la pédagogie utilisée dans le système universitaire nord-américain, mais aussi sur une culture favorisant la créativité et l’esprit d’entreprendre.

A titre d’exemple, le système québécois cultive une pédagogie encourageant une interaction étroite entre enseignement des disciplines scientifiques et le développement de projets pluridisciplinaires, qu’ils soient de recherche ou de création de start-ups par les étudiants tout au long de leur scolarité.

L’excellence scientifique combinée à cette motivation de création des enseignants et étudiants contribuent à l’attractivité des universités, non seulement en termes de recrutement mais aussi en termes de localisation d’entreprise soucieuse de conjuguer leurs recherches à cette dynamique.
Cette attractivité se traduit par la présence d’hôtels à projets, incubateurs, parcs technologiques…auprès des universités et rejaillit sur leur financement par des fondations alimentées par des anciens et plus largement par les entreprises.

La Chine

La science et la technologie ont toujours eu un rôle déterminant dans l’économie chinoise. Tout d’abord orientée vers la Défense nationale et les grands programmes de puissance de l’État, la science et la technologie sont depuis 1998 mobilisées également pour le développement de l’innovation industrielle dans un objectif de rattrapage technologique et de leadership. Ce leadership s’exprime déjà dans certains secteurs, notamment les télécommunications.
Cette politique se construit dans un va et vient entre l’état central et les régions, ce qui donne lieu à des programmes quinquennaux où les régions et les municipalités déclinent de façon pragmatique, en fonction de leur spécificité, les politiques définies au niveau central.
L’Académie des sciences élabore une vision de l’excellence scientifique à l’horizon 2050 sur les principales thématiques scientifiques.
Le MOST construit un plan à moyen terme à l’horizon 2020 qui est décliné en plans quinquennaux comprenant le développement scientifique et technologique.

L’investissement en matière de recherche s’est fortement développé depuis les années 95, où il était de 0,57% du PIB et a augmenter de 20 % par an depuis dix ans (1.75% du PIB en 2011). Ces investissements ont permis à la Chine d’afficher des résultats en termes de publications, ce qui la place à au deuxième rang mondial.
Si la recherche fondamentale n’est pas encore à la hauteur des efforts entrepris par d’autres pays comme les USA, la recherche industrielle est quant à elle la priorité de l’État. En effet, 70 % de la R&D du pays est issue des entreprises,( 50 % en France). Cela se traduit actuellement par une politique de dépôt de brevet qui place la Chine au quatrième rang mondial.

Cet investissement est structuré par le programme TORCH et le programme 863. Le programme TORCH a permis la création d’environ 90 parcs technologiques, en étroite proximité avec les universités et centres de recherche publique. Le programme 863 est destiné au développement des hautes technologies clés au service de la puissance de la Chine, tout particulièrement les technologies de l’information et de la communication, les nanotechnologies et nouveaux matériaux, les nouvelles technologies de l’énergie, l’agriculture moderne.

Les régions et les collectivités, qui ont une certaine autonomie dans la mise en place de ces deux programmes, rivalisent entre elles pour attirer les entreprises et les talents.
C’est ainsi que l’IHEST a pu observer les ambitions de Wuhan et de Shanghai dans le développement conjoint d’universités d’excellences et de parcs technologique, accompagné de la mise en place d’une fiscalité très avantageuse.

Cependant la question de l’efficacité de cet investissement vis-à-vis de l’innovation est actuellement posée et reste un enjeu primordial pour l’avenir de ce pays dans la compétition avec d’autres pays beaucoup plus avancés technologiquement et tout particulièrement avec le Japon.
Cette efficacité dépend non seulement des plans nationaux et régionaux et des institutions et mesures financières mises en place pour conforter les liens entre la recherche et l’industrie, mais aussi de l’excellence des ressources humaines mobilisables.

Aussi, sur le court terme la Chine a lancé le programme des 1000 talents destiné à attirer des scientifiques étrangers, mais aussi chinois résidants dans différents pays développé.
La Chine a permis à 1,2 millions d’étudiants de se former à l’étranger et plus de la moitié sont revenus au pays.

En matière d’enseignement supérieur, l’accès des bacheliers (Gaokao) est extrêmement sélectif et seul 26 % d’une classe d’âge accède à l’enseignement supérieur. L’objectif est de s’aligner sur les standard OCDE pour atteindre 45 % d’ici une dizaine d’année.
Une autre dimension de cette politique est de promouvoir une centaine d’universités sur les 2160 existantes à un niveau mondial.

Enfin, il faut mentionner le projet de réforme de l’enseignement primaire et secondaire qui s’élabore actuellement à partir d’expérimentation locale, dont l’objectif est de changer la pédagogie actuellement fondée sur l’apprentissage du « par cœur » qui répond aux exigences d’examen par QCM par le développement de la curiosité et de la créativité : « une tête bien faite plutôt que bien pleine », mais les résistances sont nombreuses.

MOST - Ministry of Science and Technology

Voyage d’études en Chine

Le Japon

Depuis l’ère Meiji, le Japon a bâti sa puissance sur la maîtrise des technologies les plus avancées et sur l’acquisition de compétences importées dans un premier temps des pays occidentaux.
Ensuite, ce pays a construit un système universitaire de très haut niveau afin de former une élite scientifique et technique qui va irriguer l’ensemble du secteur public et privé. Depuis les années 80, le Japon est devenu un acteur majeur de la recherche et de l’innovation dans le monde.

Son investissement en recherche est le troisième du monde, derrière les États-Unis et la Chine, mais en pourcentage de son PIB, 3,48 %, il est un des premiers parmi les pays développés, ainsi qu’en nombre de publication ou il occupe la troisième place.
La caractéristique principale de cet investissement est l’importance de l’effort industriel qui représente 80 % de la recherche japonaise, ce qui positionne le Japon dans le domaine technologique parmi les premiers mondiaux. Il est le deuxième déposant de brevets dans le monde après les États-Unis et de loin devant les autres pays comme l’Allemagne, la Chine ou la Corée du Sud.

En revanche, les universités et les écoles se sont plus investit dans la formation des élites et la recherche académique que dans les recherches finalisées en fonction des besoins industriels. C’est pourquoi les conglomérats japonais ont développé depuis les années 60 un système de recherche, du plus fondamental au plus appliqué, extrêmement performant.
Cet investissement massif en recherche et développement, couplé avec un pilotage stratégique du MITI d’une part, et un financement orienté sur le long terme par le système financier d’autre part, va propulser le Japon au deuxième rang mondial.
Cependant, le Japon ayant atteint dans de nombreux domaine la « frontière technologique » dans les années 90, va réformer de fond en comble son système de recherche et d’innovation en s’inspirant de ce qui existe de mieux dans le monde et tout particulièrement des USA.

Les mesures les plus significatives du Japon sont, entre autres :

  • Un financement de la recherche publique augmenté de façon à atteindre 1 % du PIB
  • La transformation de tous les organismes d’enseignement supérieur et de recherche en établissement public autonome, dans lequel le personnel devient salarié de droit privé au lieu du statut de fonctionnaire.
  • Une politique ambitieuse de clusteret : clustured ? de transfert de technologie.
  • Une loi sur la propriété intellectuelle analogue au « bay dole act » des Etats-Unis, ainsi que la création d’une cellule impulsant une politique de propriété intellectuelle au niveau du premier ministre.
  • L’encouragement à la création d’entreprise y compris par les chercheurs.
  • La création d’un organisme de pilotage de la recherche publique : le CSTP auprès du premier ministre afin de définir la stratégie et les priorités de l’État japonais en matière de recherche et d’innovation. Des plans quinquennaux sont conçus par cet organisme pour être ensuite déclinés par les différents ministères et agences de financement, ce qui a pour conséquence que l’ensemble de la recherche publique donne lieu à des appels à projets vis-à-vis d’institutions autonomes qui sont maintenant en concurrence.

Cette réforme, apparemment d’inspiration libérale est en fait acclimatée par la culture japonaise d’un État qui, depuis l’ère Meiji, impulse et oriente simultanément stratégie de recherche et développement économique. Cependant cet effort de recherche est également orienté par tous les défis sociétaux que le Japon connaît actuellement notamment vis-à-vis du vieillissement de sa population, de sa dépendance énergétique.
Parallèlement, l’industrie japonaise va redéployer sa base productive dans l’ensemble des pays asiatiques en fonction de leurs avantages comparatifs. En se spécialisant et en continuant à investir massivement en recherche-développement, elles ont su surmonter la crise et sont maintenant devenues le premier fournisseur de composants technologiques de la Chine et de nombreux pays industriels.

MITI (Ministry of International Trade and Industry)

Les Etats-Unis

La recherche aux USA est à la fois marquée par les financements fédéraux dont celui de la défense qui ont toujours joué un rôle structurant, ainsi que par les écosystèmes locaux dont celui de la Californie qui est le plus emblématique.

Cet écosystème est à lui seul un condensé de tout ce qui a réussi aux USA :

  • Une culture entrepreneuriale et un goût du risque, de fortes interactions entre universités, capitaux risqueurs, business angels, créateurs, designers, start up…
  • Une créativité liée à la transgression des frontières, disciplinaires, institutionnelles, et à l’osmose entre créateurs et désirs des consommateurs. Ce fut le cas dans le domaine numérique et maintenant dans le green business, les technologies pour la santé etc. Dans cet écosystème, les universités ont joué un rôle majeur, que ce soit en termes de formation ou de création d’entreprise liée à la recherche Cependant si les caractéristiques générales des universités américaines ont beaucoup de points communs au niveau de la pédagogie et de la recherche interdisciplinaire liée aux grands défis économique et sociétaux. On retrouve cette pédagogie du projet personnel de l’étudiant à l’Université de Berkeley et celle de l’Arizona, ou de son entrée à sa sortie de l’université, ce projet qui le conduira à la recherche ou à la création d’activités innovantes dans une entreprise en général proche de l’université. La visite de ces deux universités a également montré la diversité de l’écosystème de recherche et d’enseignement américain. L’Université de Berkeley est une université de dimension mondiale qui attire et sélectionne l’élite de nombreux pays, de par la qualité de sa recherche fondamentale, elle permet et favorise également dans l’environnement californien à tout chercheur ou étudiant de concrétiser ses projets de création d’entreprise. L’Université de l’Arizona, tout en étant une université d’excellence (nanotechnologie, énergie..), cherche à offrir à tout étudiants très motivé de cet Etat, une place où il puisse développer ses talents dans des projets interdisciplinaires concernant des enjeux économiques et sociétaux de l’Arizona. Cette Université a d’ailleurs pour caractéristiques de déplacer les lignes disciplinaires et à faire converger dans ces laboratoires les disciplines permettant d’aborder des sujets de recherche sociétaux complexes.

On retrouve les mêmes ingrédients de ce dynamisme à Chicago qui a une renommée universitaire et une dimension économique qui se veut équivalente à New York. Cette ville dont la créativité s’affiche dans son architecture est également d’une grande fécondité innovatrice que ce soit dans la filière agroalimentaire, de la culture au trading ainsi qu’en matière d’innovation financière.

La Pologne

La recherche en Pologne, notamment la recherche fondamentale a toujours été d’un excellent niveau. Elle repose sur une longue tradition universitaire depuis le XIVe siècle.
Cette excellence s’est manifestée par de nombreux prix Nobel obtenus par la diaspora polonaise qui avait émigré à la suite des épreuves subies par ce pays.
Venant d’une économie marquée par le système soviétique, la Pologne hérite d’un système bureaucratique dans l’administration de la recherche et d’une industrie lourde peu intensive en recherche-développement.

Depuis 1989 la Pologne s’est intégrée à l’Europe et connaît un développement économique spectaculaire.
Dans cette mouvance, l’État met en place un écosystème de l’innovation formé classiquement d’universités refondées sur le modèle anglo-saxon, de clusters industriels, d’institutions de transfert de technologie, d’aide d’État à la recherche et l’innovation.
Le pilotage de la recherche publique s’est également inspiré de ce modèle par la mise en place de deux agences de programmation et de financement de la recherche, dans le domaine fondamental d’une part et dans le domaine de la recherche finalisée d’autre part.
Un premier résultat de cette politique se manifeste déjà par l’attractivité nouvelle des universités et des centres de recherche polonais. En effet si l’émigration des étudiants polonais était très importante avec un retour au pays assez faible, y compris après 1989, la tendance s’est actuellement renversée. De plus de nombreux étudiants venant de l’Europe centrale affluent également dans les meilleures universités polonaises.

L’enjeu pour la Pologne est maintenant de mieux articuler sa recherche et son enseignement supérieur avec les besoins de l’économie et de susciter des partenariats avec les entreprises de façon à ce qu’elles puissent se positionner à un plus haut niveau dans le processus d’innovation technologique.
Si toutes ces mesures n’ont pas encore donné tous les résultats attendus, le taux de Recherche-développement n’est pour l’instant que de 0,6 % du PIB. La dynamique est lancée et les investissements européens et internationaux propulsent l’économie polonaise vers un rattrapage des autres pays de la communauté. La présence de centres de recherche étrangers témoigne de la qualité et du niveau de la recherche polonaise dans de nombreux domaines (mathématiques, informatique, physique, biotechnologie..).
Le secteur énergétique, en pleine transition, symbolise cette transformation de l’économie et le rôle de l’innovation dans cette évolution.

Carnet de voyage : Allemagne
Science, innovation, société en Allemagne
Carnets du voyage d’études au Brésil
Carnets du voyage d’études à Montréal et Chicago
Carnets du voyage d’études au Japon
Carnets du voyage d’études en Pologne

jeudi 18 juillet 2013, par HUCHERY Mélissa


Mots clés : Innovation