Accueil > La Médiathèque > Collections > Séances publiques > Clôture du cycle national 2007-2008 > Le cycle 2007-2008 de l’Institut des Hautes Etudes pour la Science et la (...)

Enregistrer au format PDF

Clôture du cycle 2007-2008

Le cycle 2007-2008 de l’Institut des Hautes Etudes pour la Science et la Technologie

20 juin 2008

073 mfclg

Madame la vice-présidente, Monsieur le Ministre, Messieurs les présidents, Mesdames et Messieurs, chers auditeurs, cette séance clôture le cycle national 2007-2008 de l’IHEST.

Qu’est- ce que ce cycle national ?

C’est un temps assez long (35 jours) de disponibilité réparti sur une année, dédié à s’informer, à prendre de la distance par rapport à ses responsabilités, à aborder certaines des questions relatives à l’évolution des sciences, à l’innovation, aux relations avec la société, à s’intégrer dans un collectif venu d’horizon très diversifiés, à créer à travers le travail de ce panel éclairé les conditions d’ un débat de qualité et de diffusion d’une culture des sciences et de l’innovation dans la société.
Construire un cycle relève d’un vrai pari qui implique des choix drastiques. Nous savons bien que la fresque proposée, à la fois spatiale et temporelle, n’est qu’une partie du puzzle mais elle permet in fine d’en appréhender la globalité et la dynamique. Bref, ces choix sont délicats qu’il s’agisse de sujets, de conférenciers, de destinations, d’études de cas. La frustration, forcement liée à ces choix, crée le désir d’aller plus loin encore, de ne pas se satisfaire de l’acquis. Je pense que chaque auditeur le ressent. Nous le ressentons nous aussi et, chaque année, nous renouvelons notre programme élargissant ainsi notre champ global d’investigations.
Nous sommes concrets : nous partons d’objets scientifiques et technologiques liés à la vie quotidienne, pour entrer dans l’analyse de questions d’intérêt général et dans le questionnement de la société. Nous développons l’échange et le débat avec les intervenants et au sein même de la promotion. Le capital d’une année contribue à enrichir la suivante.
L’IHEST, à travers ses participants et son programme, cherche à créer un espace où la science, la technologie et la société confluent, mêlent leurs expériences, leurs individualités, croisent leurs regards et retrouvent une cohérence qui n’est pas toujours apparente au quotidien. Dans des sociétés qui changent beaucoup, il est précieux de trouver des moments pour apprécier le sens des dynamiques à l’œuvre et l’Institut y contribue.
Cette expérience de vie, car c’en est une, permet aux auditeurs, à terme, de mieux intégrer la dimension des sciences et des technologie dans leur champ de décision, de sortir de leurs postures professionnelles pour apprécier les enjeux de citoyenneté, de se projeter dans l’avenir et de s’engager dans les relations entre science et société.

Quel a été le cycle 2007-2008 ?

063 mfclg Durant 36 jours, les 50 auditeurs de la promotion se sont rencontrés 14 fois : à Paris, en région, en Europe et à l’international.
Cette année, nous avions choisi de traiter du changement : changement des sciences elles-mêmes, statut évolutif de la connaissance dans nos sociétés, nouvelles organisations de la recherche, de l’enseignement et de l’innovation, développement d’une économie de la connaissance, implication croissante des parties prenantes, innovation technologique et innovation sociale, prise de risques, etc. Les questions sont nombreuses et le cycle a permis d’en aborder certaines. Par exemple : comment appréhender la complexité induite par de nouvelles données scientifiques et technologiques à propos, par exemple, du changement climatique ou des neurosciences ? Comment l’éducation, l’information, les crises peuvent-elles contribuer, chacune à leur manière, à créer une culture scientifique et technique ?
Le séminaire d’Arc-et-Senans, construit autour d’interventions de philosophes et de scientifiques, a permis d’aborder quelques questions épistémologiques, philosophiques, éthiques ou sociologiques. C’est un retour au fondamentaux pour chacun.
Le séminaire à Bruxelles puis à Liège a permis d’approfondir les enjeux, pour l’Europe, de la construction de cette société de la connaissance aux fondements de la stratégie de Lisbonne. Il a également permis d’étudier le modèle liégeois qui a su tirer profit de l’ouverture européenne et des coopérations transfrontalières pour dynamiser à travers la science et l’enseignement supérieur sa ville et ses régions.
Nous avons eu bien entendu un séminaire consacré à l’économie de la connaissance en tant que telle et les dynamiques en cours dans les universités, l’innovation et les coopérations.
Nous avons eu également quatre séances dédiées à des objets en lien avec l’actualité : le changement climatique, le cerveau, l’eau et le développement d’un territoire, et la téléphonie mobile. A travers cette approche par « objet », les auditeurs ont pu découvrir :

  • l’impact de la complexité des données scientifiques sur les processus de décision, les différences culturelles dans ces processus et les implications économiques comme la monnaie carbone,
  • l’un des champs scientifiques de connaissance les plus dynamiques et les plus prometteurs de la biologie actuelle,
  • les acteurs d’un fleuve, le Rhône, et de son territoire et comprendre le jeu complexe des acteurs de l’eau, de l’aménagement du territoire, de la décision publique,
  • et enfin, avec le téléphone mobile, c’est un pas supplémentaire vers la convergence numérique, et les conséquences sociales et culturelles liées à la société de l’information.


Des sessions aux thèmes plus transversaux ont été organisées autour de l’incertitude scientifique, des risques et du principe de précaution ; de la défense et de la sécurité organisée avec l’IHEDN ; de la société de l’information et la compétition mondiale sur la connaissance et enfin, de l’éducation aux sciences, qu’un film court évoquera tout à l’heure.
Enfin, deux voyages d’études l’un bref de deux jours en Grande-Bretagne et l’autre d’une semaine au Japon, ont permis aux auditeurs de comparer les différents modèles dans leurs cultures, leurs politiques de recherche, leurs organisations... Le carnet du voyage au Japon qui vous a été remis restitue remarquablement les analyses et les étonnements des auditeurs.
Je terminerai cette description en évoquant les ateliers. Ce sont des groupes d’environ 12 auditeurs qui étudient, durant une durée brève de trois jours à laquelle s’ajoute un travail personnel, des cas proposés par l’Institut. Cette année, le thème général des ateliers concernait le changement dans les gouvernances en s’appuyant sur les sujets suivants : les RFID, la pollution du Rhône par les PCB, la montée des eaux en Camargue, le dépistage et le diagnostic précoce de la maladie d’Alzheimer.
Au total, 161 intervenants, français, allemands, belges, britanniques, japonais, nigériens, norvégiens, suédois ont échangé avec les auditeurs de la promotion 2007-2008.

Quelle suite ?

068 mfclgTout d’abord cette matinée de clôture qui permettra aux auditeurs de témoigner lors des tables rondes de leurs étonnements et d’engager une discussion avec vous.
Une association a été créée l’année dernière suite à la première promotion. Les auditeurs de ce cycle rejoindront cette association permettant au réseau de s’étoffer. Nous sommes tous désireux que le dialogue continue et se développe entre la future promotion, cette association et l’Institut.
Ces moments privilégiés nous touchent. Vous êtes venus nombreux, intervenants, employeurs, collaborateurs, amis et je vous en remercie. L’Institut souhaite œuvrer avec vous tous à la diffusion d’une culture des sciences et de l’innovation dans la société.
De nouveaux auditeurs vont arriver pour le cycle 2008-2009. Le recrutement est en cours. Le fil conducteur sera celui des rapports de la science et des sociétés européennes dans leurs relations de coopération, de concurrence, d’éthique.
Cette année le changement, demain l’Europe : l’actualité est au rendez-vous !
J’espère également que l’Institut permettra à ses nouveaux auditeurs d’appréhender mieux les attentes de nos concitoyens, la diversité de nos sociétés, les interactions de notre savoir avec les autres formes de connaissance, les avenirs possibles. Qu’il aide à comprendre la sagesse, le juste milieu, le bon sens qui marquent d’autres civilisations, et donc la concurrence mondiale.
Comme leurs prédécesseurs de la promotion Pierre Gilles de Gennes, les auditeurs nous ont réservé une belle surprise en décidant de dédier leur année à la personne de Gérard Mégie et je tenais à saluer la présence parmi nous de Mme Mégie et la remercier de sa venue parmi nous, avant de leur donner la parole.

vendredi 20 juin 2008, par Olivier Dargouge