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Clôture du cycle national 2008-2009

Discours de Bertrand Collomb, président de l’IHEST

Discours prononcé par Bertrand Collomb, président de l’IHEST lors de la séance officielle de clôture du cycle national 2008-2009 de l’IHEST.

Monsieur le Premier ministre,
Madame la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche,

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14• Discours de Bertrand Colomb
©IHEST/O. Dargouge

Permettez moi de vous dire combien nous sommes honorés de votre présence à cette cérémonie de clôture du cycle 2008-2009 -le troisième- de l’Institut des hautes études pour la science et la technologie.

L’évolution de nos sociétés est profondément marquée par les progrès scientifiques que nous avons connus au cours des dernières années et les révolutions technologiques qu’ils ont permis.

Mais en même temps nous faisons face à de problèmes considérables, qui résultent dans une large mesure de ces progrès même et du développement de notre société industrielle,ou post-industrielle comme certains veulent l’appeler.

Qu’il s’agisse des problèmes environnementaux globaux, au premier rang desquels bien sûr le changement climatique, de l’intégration des techniques d’information dans le fonctionnement même de nos sociétés, de la gestion des risques de pandémie ou des possibilités de maîtrise biologique de l’espèce humaine, les défis sont considérables. Leur résolution demande non pas moins, mais plus de recherche et de progrès scientifique et technologique, mais elle demande aussi une organisation sociale capable de mettre en œuvre, en le maîtrisant sans l’entraver, ce progrès.

Et devant ces changements et ces menaces l’inquiétude de nos concitoyens s’exprime parfois, non par un désir légitime de mieux connaître pour mieux comprendre, mais par une peur ou une méfiance instinctive qui pourrait devenir paralysante.

L’IHEST a été créé il y a maintenant trois ans pour développer la compréhension sociale de la science et de la technologie, pour que les responsables de nos organisations, qu’elles soient publiques ou privées prennent une meilleure conscience de l’importance de la recherche et de la technologie. Mais aussi pour que les scientifiques de ces organisations comprennent mieux les conditions sociales nécessaires au développement et à la mise en œuvre du progrès scientifique et technologique.

C’est une tâche passionnante, comme l’a montré l’enthousiasme avec lequel les trois promotions successives ont abordé le cycle développé par l’IHEST. Il faut dire que c’est pour eux un privilège que d’être confrontés avec les meilleurs spécialistes de ces sujets, dans une démarche multidisciplinaire décloisonnée construite pas à pas et constamment enrichie par l’imagination créatrice de Mme Le Guyader et son équipe. Un privilège aussi de pouvoir étudier, non seulement des expériences françaises, mais des expériences internationales, et en particulier cette année de réfléchir à l’importance de la dimension européenne.

Ce qui est peut-être le plus grand défi pour nous tous est d’ajouter aux mots science et technologie celui d’innovation, beaucoup plus difficile à définir, et beaucoup plus porteur de changement dans nos démarches et nos habitudes.
Il est certes nécessaire de développer une recherche excellente et d’en tirer des technologies efficaces. Mais nos sociétés européennes, et tout particulièrement notre société française, ont besoin d’y ajouter ce « je ne sais quoi » qui transforme la science en action, l’idée en produit et en développement économique. Nous savons que nous ne sortirons pas de la crise économique et financière actuelle « par le haut » simplement en restaurant les équilibres précédents. Nous n’en sortirons que si nous développons la partie de notre économie qui peut répondre aux nouveaux défis et mettons en place les conditions d’une croissance nouvelle, et plus durable.

Ce potentiel d’innovation, nous sommes à sa recherche par beaucoup d’initiatives françaises et européennes. Mais il ne dépend pas seulement de programmes, d’objectifs ou d’argent dépensé. Il dépend aussi, et autant, d’une attitude d’une approche d’ouverture au changement et de confiance dans l’avenir

Et j’ai constaté, en lisant et en écoutant les auditeurs de l’IHEST, l’émerveillement avec lequel ils ont observé, dans leurs voyages en France ou à l’étranger, les situations où le miracle de l’innovation se produit, où de l’hybridation des connaissances et des compétences jaillit quelque chose de différent, qui va faire progresser notre monde.

Science, Technologie, Innovation, ces trois mots-clés pour notre Institut sont aussi des mots clé pour vous-même et votre gouvernement. Votre présence ici en témoigne, et je suis heureux de vous inviter à prendre la parole.


Paris, le 28 mai 2009, ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche

Le programme de la séance de clôture clôture

jeudi 28 mai 2009, par Olivier Dargouge