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Science publique - France Culture avec l’IHEST

Quel rôle joue la science dans les stratégies de puissance ?

Emission du 28 octobre 2011

L’IHEST et France Culture partenaires
Retrouvez Science Publique une fois par mois en public au studio 106 de la Maison de Radio-France.
Une émission produite et animée par Michel Alberganti tous les vendredis de 14h à 15h.

Science publique : Quel rôle joue la science dans les stratégies de puissance ?

Émission du Vendredi 28 octobre 2011 à 14:00

Ecouter l’émission :

Quel rôle joue la science dans les stratégies de puissance ?




Avec

Marie-Françoise Chevallier-Le Guyader, directrice de l’IHEST

Michel FOUCHER, professeur à l’Ecole normale supérieure de Paris, directeur de la formation, des études et de la recherche de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN)

Philippe GILLET, vice-président pour les Affaires académiques, Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL)

Amiral Pierre LACOSTE, ancien directeur général de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) et président de la Fondation des études de défense nationale (FEDN)

Heinz WISMANN, philosophe et philologue, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS)







La notion de puissance, si elle peut paraître vague a priori, se révèle fondatrice d’une part très importante de l’activité humaine. En effet, à la puissance de la nature, l’homme oppose celle qu’il a acquise grâce à la connaissance et qu’il exerce, à la fois, pour se prémunir des phénomènes naturels et pour établir son territoire. L’histoire démontre ainsi que puissance et territoire sont intimement liés. Qu’il s’agisse de celui d’une tribu, d’un royaume ou d’un Etat, les limites d’un territoire définissent le lieu où s’exerce un droit particulier qui régit l’activité des hommes qui s’y soumettent, de gré ou de force. Et la création d’un tel territoire repose, la plupart du temps, sur l’exercice d’une puissance militaire, policière, politique, culturelle et administrative. Or, et c’est la raison pour laquelle nous abordons ce vaste sujet dans Science Publique, la science joue un rôle déterminant dans la création de cette puissance génératrice de territoire.

Les exemples abondent : de la navigation qui conduit Christophe Colomb en Amérique et de la poudre qui facilite l’asservissement des populations locales, à la conquête de l’espace qui permet aux Etats-Unis de planter leur drapeau sur la Lune, en passant par la bombe atomique qui contribue à redessiner les frontières du monde après l’hégémonie hitlérienne, c’est bien la connaissance qui oriente de façon souvent décisive le cours de l’histoire et la géographie des territoires. Or, aujourd’hui, de nouveaux phénomènes apparaissent qui brouillent les cartes… La mondialisation économique se joue des frontières, Internet annule les distances, les réseaux sociaux traversent les nationalités, la finance domine la planète toute entière…

Peut-on affirmer, comme Francis Bacon, que « la connaissance est, en elle-même, la puissance ?

Faut-il admettre avec Aldous Huxley, que « toute découverte de le science pure est subversive en puissance » et que « toute science doit parfois être traitée comme un ennemi possible » ?

Comment interpréter les effets des développements scientifiques et techniques récents qui, après la fin de la colonisation, favorisent une forme de déterritorialisation ?

De quelle façon s’exerce aujourd’hui la puissance conférée par la science et quels nouveaux territoires dessine-t-elle ?

vendredi 28 octobre 2011, par Webmaster IHEST