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Mercredi 23 novembre 2011

Éducation, vulgarisation : comment lutter contre l’illettrisme scientifique ?

Attention changement de date : mercredi 23 novembre

Science publique en public

Une émission de France culture, organisée une fois pas mois en partenariat avec l’IHEST, en public et avec le public, la moitié de l’enregistrement est en effet consacrée aux réactions et questions du public présent dans le studio.

Prochain enregistrement

mercredi 23 novembre 2011

18h00-20h00 - studio 106

Maison de la radio –entrée porte A

116 avenue du président Kennedy 75016 Paris

Ouverture des portes à partir de 18h00, début de l’enregistrement à 18h30

Venez nombreux participer au débat

L’émission Science publique en public a choisi d’aborder le sujet de l’université d’été 2011 « Science, culture, éducation : des sociétés guettées par l’illettrisme scientifique ? », alors que l’IHEST s’apprête à en publier le compte rendu sur son site internet .

L’université d’été avait choisi d’interpeller les rapports de la science à l’éducation et à la culture en mettant en avant le concept d’illettrisme scientifique, très présent dans le monde anglo-saxon. Il désigne l’absence d’une capacité de mobilisation de ses savoirs et de ses compétences pour résoudre des situations de la vie quotidienne.

Au côté de la culture, de la connaissance, de l’émerveillement apportés de façon traditionnelle par l’éducation se jouent aussi les usages, la maîtrise des technologies. La tendance révélée par les sondages va dans le sens d’une amélioration des connaissances des sciences et des technologies par les citoyens. Cependant les débats récents sur les nanotechnologies, la bioéthique, l’énergie montrent que la situation en matière de culture scientifique n’est pas optimale. Porteurs d’enjeux, représentants de la société civile, scientifiques, ingénieurs, institutions… sont interpellés.

Pour cette émission Michel Alberganti et Marie-Françoise Chevallier-Le Guyader reçoivent :

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Heinz WISMANN, philosophe, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales

« Le constat du philosophe est clair : l’unité de la culture comme leg du passé n’est plus garantie. Le rêve d’une culture générale, encyclopédique, c’est-à-dire capable de fournir un panorama complet des savoirs en les rendant intelligibles, en les liant entre eux, est impossible. A partir de là, la culture, telle que nous pouvons la concevoir, est une culture de traduction. En effet, précise-t-il, dans chaque compartiment des connaissances, des compétences contemporaines, il existe des outils perfectionnés qui rendent la communication aléatoire et difficile avec d’autres formes de connaissances et de compétences. Il faut donc trouver un médium qui ne peut être que la langue naturelle, autrement dit la langue historique opposée à la langue technique. »

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Mathias GIREL, maître de conférences à l’École normale supérieure de Paris

« Mathias Girel s’est penché sur les travaux des agnotologistes qui étudient l’ignorance et les conditions sociales et politiques de sa production. L’ignorance peut être en effet délibérément provoquée ou entretenue, comme l’a montré le philosophe en présentant trois études portant sur les stratégies de l’industrie américaine du tabac, le débat sur le réchauffement climatique, et le secret d’Etat. Face la fabrication de l’ignorance, de la controverse et du doute, il est possible d’envisager des lignes de sortie qui ne supposent pas, chez le public, une « omnicompétence » scientifique. Ces ressources reposent sur l’histoire des sciences qui, en établissant l’état du savoir et du non-savoir, a une fonction publique et sociale importante. Elles se puisent aussi dans une vulgarisation minimale du travail scientifique concret. Elle réclame enfin une philosophie du langage veillant à présenter la connaissance non par le biais de faits isolés mais comme une multitude de registres d’explication. »

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Jean-Marc MONTEIL, professeur, Chaire en sciences du comportement et applications, Conservatoire national des arts et métiers

« En développant les apports possibles de la démarche expérimentale et en insistant notamment sur son exigence de comparaison « toutes choses égales par ailleurs », le professeur a montré combien cette démarche, au lieu de fermer l’horizon, ouvrait des possibilités considérables vers la quête d’une vérité toujours plus affinée. Car « il y a toujours de la science derrière la science ». C’est en communiquant sur les conditions de production des connaissances, sur les questions que l’on se pose que l’on réenchantera la science. Vivre ce n’est pas forcément vivre scientifiquement mais apprendre à faire de la science n’est pas pénalisant pour apprendre à vivre. Le chercheur se place dans les conditions les plus défavorables à l’hypothèse qu’il défend ; c’est une démarche contraire à celle que nous utilisons dans nos décisions quotidiennes et dans le monde politique. »

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Didier MIRATON, ancien gérant du groupe Michelin

« Le savoir peut être inhibiteur de l’innovation, car l’aspect de protection domine, analyse Didier Miraton, et les personnes ne se comprennent pas forcément ; il faut prendre en compte des facteurs comme la peur, le conditionnement lié à la discipline, le comportement. Il est donc essentiel que le management soit capable d’amener l’organisation vers le risque en étant porteur d’une vision claire et d’orientations ambitieuses tenues sur le long terme. Evoquant la formation des chercheurs, l’ancien gérant a précisé qu’il fallait dix ans à l’entreprise pour former un expert. La culture générale, la curiosité, la faculté d’être créatif en travaillant avec les autres sont très importantes. La relation au savoir doit évoluer, a-t-il insisté en regrettant que l’école ne nous apprenne pas à comprendre ceux qui font autre chose que nous. »

Les textes ci-dessus sont extraits des « lettres d’information » distribuées quotidiennement durant l’université d’été de l’IHEST et publiées en direct sur le site internet de l’IHEST

Diffusion de l’émission le vendredi 25 novembre 2011 de 14h00 à 15h00

Prochain enregistrement en public le 20 décembre 2011, de 18h00 à 20h00

www.ihest.fr - www.franceculture.com

jeudi 17 novembre 2011, par Olivier Dargouge