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Promotion Hubert Curien 2009

Les tempêtes

Promotion Hubert Curien

Des événements rares qui deviendraient plus fréquents, une opinion qui ne supporte pas les risques : comment les élus peuvent-ils décider leurs investissements pour renouveler des infrastructures vieillissantes ?

membres du groupe : Xavier Apolinarski, Gilles Aumont, Frédérick Bordry, Oscar d’Almeida, Sophie Jullian, Erick Lansard, François Monnet, Nicolas Monomakhof, François Murgadella, Isabelle Ribet, Bénédicte Welté

Animatrice : Christelle Gramaglia, Cemagref : sociologue, décision collective

Introduction

Fin décembre 1999, à quelques jours du passage à l’An 2000 et de son « bug » redouté, la France, comme plusieurs pays d’Europe de l’Ouest, a été meurtrie par deux tempêtes très violentes qui ont traversé le pays de part en part. D’une soudaineté rare et d’une intensité dite « centenaire », ces événements ont provoqué des dégâts humains et matériels lourds, qui mettront dans certains cas plusieurs années à être réparés. Dix ans plus tard, début 2009, une nouvelle tempête quasiment aussi forte a frappé notre pays, sans provoquer cependant des dégâts toujours équivalents, selon les domaines considérés.

De par leur caractère exceptionnel, l’étendue du territoire concerné, la diversité des situations critiques créées, la multiplicité des acteurs et organisations impliqués, le besoin de réactions rapides, coordonnées et multiformes, ces événements mettent en lumière l’adéquation ou la défaillance des processus et des structures aux aléas climatiques catastrophiques de grande ampleur. Situations de crise immédiate, suivies de périodes plus ou moins longues de réparation des dégâts, ces événements paroxysmiques posent nombre de questions. On citera notamment la capacité d’en prévoir l’occurrence, celle d’alerter à bon escient la population, celle d’en maîtriser ou d’en limiter les conséquences, la volonté présupposée de protection de la population confrontée à sa capacité à accepter l’exceptionnel ou à se préparer à le subir. Le support de différents domaines scientifiques, le rôle et la responsabilité des scientifiques et techniciens, la décision politique dans un contexte d’incertitude, la place de la société civile et du citoyen sont quelques uns des thèmes abordés dans ce rapport d’étonnement.

Les travaux du groupe d’auditeurs ont été plus particulièrement focalisés sur les tempêtes de 1999, et dans une moindre mesure de 2009, en France. En vue d’une approche comparative, quelques informations ont aussi été rassemblées, sur ce qui s’est passé dans des pays voisins (Pays-Bas) ou dans la façon dont ceux-ci traitent ces événements (Irlande, Grande-Bretagne), permettant une première mise en perspective des choix réalisés dans notre pays.

Afin de comprendre (ou d’approcher) quelques uns des problèmes posés, nous avons essayé d’identifier les principaux acteurs impliqués et tenté d’obtenir leur témoignage ou contribution. Ces auditions, autant que possible recueillies avec neutralité et empathie, nous ont permis d’entendre les contributions d’une géographe, d’un météorologue, d’un sous-préfet, d’un représentant du monde des assurances . On notera que le groupe n’a pu avoir une compréhension directe des perceptions des victimes avérées ou potentielles des aléas climatiques, victimes qui apparaissent ainsi comme les grandes absentes du débat.

Après avoir initialement repris quelques faits significatifs, ce rapport aborde la question de l’incertitude persistante à laquelle est confronté le décideur et la place que prennent les scientifiques et les détenteurs de savoir dans l’intégration de l’incertitude dans la décision. Puis, une analyse des enseignements tirés par différents acteurs suite aux tempêtes de 1999 permettra de formuler quelques étonnements sous forme de recommandations.


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Rapport d’étonnement de l’atelier tempetes
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jeudi 28 mai 2009, par Olivier Dargouge