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Cycle national 2014-2015

Voyage d’études en Lorraine : Territoires, temporalités et dynamiques d’innovation

Ce voyage d’études, le premier de la promotion, s’attachera à regarder, à partir du cas lorrain, les transformations en cours des systèmes de recherche, d’enseignement supérieur et d’innovation, mais aussi les évolutions économiques dans le territoire. Cette session permettra aux auditeurs d’échanger avec divers responsables autour de ces enjeux territoriaux, sociaux et des évolutions actuelles.

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Carnet de voyage LORRAINE

La Lorraine se caractérise par des temporalités multiples spécifiques à son histoire, sa culture, sa géographie et son développement. La Lorraine, territoire au passé glorieux, a été fortement marquée par une crise profonde de l’industrie débutée dans les années soixante, et a su trouver de nouvelles dynamiques pour se tourner vers l’avenir et de nouveaux horizons. Les nombreuses friches industrielles encore visibles sur le territoire lorrain sont les témoins d’une révolution industrielle alors synonyme de progrès, de modernité. Cette révolution s’est diffusée des bassins sidérurgiques lorrains aux vallées vosgiennes avec les industries textiles, l’artisanat de luxe – verrerie, faïencerie et cristallerie, notamment – et l’industrie du bois.

Riche en 2012 de 2,36 millions d’habitants, le Lorraine se situe, en termes de produit intérieur brut (PIB), en milieu de classement des régions françaises. La contribution de la région au PIB national a constamment reculé depuis la fin des années 1970. La Lorraine est la région la plus touchée par le déclin de l’industrie dans le pays, avec une chute de 27 % de l’emploi salarié dans ce secteur entre 2000 et 2010, contre une baisse de 19 % en moyenne pour l’ensemble du pays. L’industrie occupe cependant encore une place importante dans l’emploi régional, 16 % des salariés lorrains travaillant dans ce secteur. Une particularité de la région est que les travailleurs frontaliers représentent plus de 9 % de la population active de la région, travaillant pour les trois quarts au Luxembourg, 20 % en Allemagne et 5 % en Belgique. En 2009, la Lorraine concentrait 1,6 % des dépenses nationales en recherche et développement, ce qui la plaçait au treizième rang national, et rassemblait 2 % des chercheurs en France. Elle figurait au huitième rang pour les investissements publics dans la recherche, mais seulement à la quinzième place pour les dépenses de recherche des entreprises. (Source INSEE et Conseil économique et social environnemental de Lorraine).

L’heure est à la recherche de nouvelles dynamiques, deux exemples illustrent parfaitement ces évolutions. Tout d’abord la création de l’Université de Lorraine, le 1er janvier 2012. Pilier du contrat de site voulu par l’État, sa création vise à rapprocher les acteurs de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. Implantée au cœur des deux métropoles régionales, Nancy et Metz, mais recouvrant l’ensemble du territoire, elle est issue de la fusion de quatre établissements aux identités anciennes et affirmées. Opérateur majeur de l’enseignement supérieur et de la recherche, elle ambitionne de jouer une place de premier plan sur la scène internationale.

Le deuxième exemple de ces nouvelles dynamiques territoriales est le Pacte Lorraine, signé en 2013 entre l’État et le Conseil régional de Lorraine. Associant les grands établissements publics de recherche, il se présente comme l’instrument de la reconquête industrielle, du redressement de l’économie et du développement équilibré des territoires. Il est construit autour de trois axes : faire de la Lorraine le cœur de la vallée européenne des matériaux et de l’énergie ; dynamiser les filières d’excellence et d’avenir ; et promouvoir des démarches innovantes d’attractivité et d’aménagement des territoires.

Le voyage d’études aura d’abord pour objectif de saisir les conditions et contraintes liées à l’émergence d’un nouveau dynamisme. La réflexion de la promotion se nourrira de rencontres avec des acteurs du monde politique, industriel, universitaire et scientifique, mais aussi culturel et artistique. Avec tous les acteurs de cet écosystème en mutation, il s’agira d’appréhender les enjeux territoriaux et sociaux mis en œuvre dans la dynamique de connaissance et d’innovation d’un territoire.

Marie-Françoise CHEVALLIER-LE GUYADER, Directrice de l’IHEST

mardi 13 octobre 2015, par HUCHERY Mélissa