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Cycle national 2014-2015

Temps des sciences, trajectoire de la Chine

Le cycle national 2014-2015, « Temps des sciences, trajectoires des sociétés », vise à éclairer la façon dont sont confrontés les différents régimes temporels des sciences et technologies, des politiques publiques et industrielles ou des débats science/ société. On ne peut, aujourd’hui, parler de temporalité, que ce soit du point de vue de la science ou plus largement des territoires, sans évoquer la Chine et la rapidité extraordinaire de son développement depuis son ouverture à la fin des années 1970. L’ « Empire du milieu » reprend sa place au centre du monde en s’appuyant, à l’instar de nombreuses puissances occidentales, sur la recherche, l’enseignement supérieur et l’innovation.

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Carnet de voyage CHINE

Depuis une dizaine d’années, les divers plans quinquennaux chinois ont placé la recherche au cœur du développement économique du pays et le budget alloué à la R&D a été multiplié par trois entre 1995 et 2010. Les grands programmes de financement de projets ont permis de stimuler un effort de recherche largement tourné vers le développement et destiné à asseoir la place du pays dans l’économie mondiale. Les répercussions sur le nombre de publications scientifiques, celui des étudiants, l’effort d’innovation des entreprises ou le nombre de personnes employées en R&D ont été impressionnantes.

Après s’être rendu à Pékin, Wuhan et Shanghai en 2012, l ’IHEST a choisi de se rendre dans la province du Guangdong qui est la plus riche de Chine et connaît un dynamisme économique phénoménal, en partie lié à la proximité de Hong Kong. Le Guangdong contribue à environ 12 % de la richesse nationale et absorbe plus de la moitié des investissements étrangers en Chine. Les salaires y sont supérieurs de deux à trois fois à la moyenne nationale chinoise. Capitale historique, Canton est la troisième ville la plus peuplée de Chine derrière Shanghai et Pékin, avec près de 12,7 millions d’habitants. La foire de Canton est la plus grande foire commerciale mondiale, et la ville est une porte d’entrée des investissements directs étrangers en Chine. Le Chinese ‘Cities of Opportunity 2015’ report publié en mars par PricewaterhouseCoopers China et la China Development Research Foundation place Shenzhen en tête des villes chinoises en se basant sur 10 indices, dont les technology readiness level, le développement durable et l’influence économique. La bourse de Shenzhen est la deuxième place financière de Chine.

Le voyage d’études propose quatre axes de découvertes concrètes et de rencontres avec des institutions et des personnalités chinoises autour :

• des politiques de recherche et d’innovation chinoises et du rôle des institutions,
• des transformations de l’écosystème recherche-enseignement supérieur-innovation et des politiques industrielles,
• des grands enjeux scientifiques et défis sociétaux impliquant la recherche, en particulier en matière de santé, d’énergie et d’environnement
• de la culture chinoise et de l’éducation.

Les questions sont nombreuses : quels sont les points forts de la science chinoise ? Où se situent les niches d’excellence ? Quelle est la stratégie nationale et comment s’articule-t-elle avec les politiques régionales ? Comment les programmes et plans nationaux sont-ils mis en œuvre au niveau provincial et municipal ? Quels rapports se sont tissés entre la science et la société chinoise ? Pour répondre à quels besoins, sociaux, économiques et technologiques, la science est-elle sollicitée ? De telles questions ne peuvent être appréhendées sans qu’une attention particulière ne soit portée au contexte culturel chinois si singulier. Quel impact a-t-il sur l’exercice même de l’activité scientifique dans le pays ? Sur les débats suscités par les évolutions scientifiques et techniques ? Quel rôle le système éducatif remplit-il et quelles sont ses évolutions ?

Ce voyage d’études a la particularité d’apporter des visions très concrètes du développement scientifique et technologique de la Chine et de permettre de très nombreux échanges avec des responsables chinois. La coopération sino-française sera de fait un autre axe majeur d’analyse proposé aux auditeurs de l’IHEST dans tous les domaines : recherche, enseignement supérieur, innovation, production industrielle... Le développement de ces coopérations est un enjeu majeur pour les deux pays, dont témoigneront, à Canton et Shenzhen, universitaires, chercheurs, entrepreneurs et diplomates. Depuis les années 2000, la présence française se renforce dans la ville de Canton et ses alentours, comptant près de 280 sociétés françaises implantées principalement dans les secteurs industriels et des services.

Marie-Françoise CHEVALLIER-LE GUYADER, Directrice de l’IHEST

mardi 13 octobre 2015, par HUCHERY Mélissa