Accueil > La Médiathèque > Collections > Carnets de voyage > Science, technologies et innovation en Chine

Enregistrer au format PDF

Carnets du voyage d’études 2012

Science, technologies et innovation en Chine

Interroger le développement de la puissance de la Chine dans ses rapports aux sciences et aux technologies, tel était l’objectif du voyage d’études international de la promotion 2011-2012 des auditeurs de l’IHEST, promotion Christiane Desroches Noblecourt.

PDF - 862 ko
Carnets du voyage d’études à Pékin, Wuhan et Shanghai

Le voyage d’études s’est construit autours de quatre axes principaux : le rôle des institutions chinoises et des politiques publiques aux niveaux national, provincial et municipal ; les évolutions des systèmes de recherche, d’enseignement supérieur et d’innovation ; les grands défis sociétaux ; l’éducation et la culture.




Une perception de la Chine uniquement à travers ses deux grandes métropoles de l’est que sont Pékin (20 millions d’habitants) et Shanghai (26 millions d’habitants), mégalopoles internationales, aurait par trop limité la vision du développement scientifique et technologique du pays. C’est pourquoi l’IHEST s’est rendu également à Wuhan (8 millions d’habitants), capitale du Hubei, située au « centre de la Chine ». Diversité des lieux et des acteurs, richesse des échanges, telle est la marque de ce déplacement de 10 jours.

Pékin-Shangai

Ce voyage a permis d’offrir des temps de dialogues très riches permettant une analyse au-delà des clichés et des représentations stéréotypées. La délégation des auditeurs de l’IHEST, issus d’horizons culturels très variés, a croisé ses regards avec ceux de personnalités chinoises et de français expatriés pour interroger la réalité du pays, ses forces et ses faiblesses. Elle a pu appréhender les opportunités et les obstacles à surmonter pour enrichir et pérenniser les relations franco-chinoises. Elle a mesuré l’importance des facteurs culturels et géopolitiques qui inspirent les choix des politiques de recherche, d’éducation et d’innovation. Ces carnets de voyages reflètent des étonnements, forcément subjectifs et partiels, porteurs de regards constructifs pour l’avenir.




La Chine s’inscrit, de façon saisissante pour des européens, dans une vision prospective et affiche résolument son investissement dans la technologie et l’innovation. Se projeter dans une vision de rattrapage économique, technologique et scientifique, ne plus être « l’atelier du monde », mais devenir le « laboratoire du monde », telle est l’ambition partagée par tous nos interlocuteurs, qui se traduit par la mise en œuvre du 12eme plan quinquennal et des investissements massifs. L’ambition est aussi de devenir le leader géopolitique de l’Asie et de s’inscrire dans la mondialisation comme un acteur de premier plan. La Chine, comme le Brésil, autre puissance en développement où l’IHEST s’est rendu en 2010, est marquée par des contrastes : une croissance économique étonnante pour un pays devenu 2eme puissance économique mondiale mais une mortalité infantile extrêmement élevée (15,6 décès pour 1 000 naissances en 2011, contre 3,37 en France), des objectifs d’investissement colossaux (4% du PIB pour l’éducation d’ici 2020) mais des habitants qui épargnent 40% de leur salaire en moyenne, un taux de croissance exceptionnel (9,3% en 2011) mais un indice de développement humain très faible (101eme rang sur 187 en 2011)…





Ce développement n’est pas sans soulever, à nos yeux d’occidentaux et d’européens, de nombreux paradoxes. En effet, quel étonnement de voir dans une culture profondément différente, une approche totalement mondialisée de l’innovation, intégrant ses concepts, l’innovation endogène par exemple, ses modalités, tels les incubateurs et les parcs technologiques ou le crédits d’impôt recherche ! Seul modèle occidental serait-il donc favorable à l’innovation dans le regard des autorités chinoises ? Comment ne pas s’interroger sur les impacts de la planification nationale et de son application par les politiques locales, sur l’apparition récente de la notion même de marché, sur la part croissante de financements privés dans les universités ?

Au vue des interrogations soulevées par l’évolution démographique de la Chine, certaines questions touchent plus particulièrement l’éducation et l’avenir de la recherche. Comment renforcer une éducation aux sciences pour tous et construire une élite scientifique et technique, tout en favorisant les capacités créatives des élèves ?

Comment conserver une recherche fondamentale dans un contexte où l’essentiel de l’effort de recherche est concentré sur les applications technologiques et industrielles ? Comment attirer la diaspora chinoise de l’étranger et les talents internationaux dans le contexte universitaire, environnemental et politique actuel ? Comment trouver des débouchés pour les étudiants confrontés à un nouvel impératif, celui du marché ? Nombreux sont les étonnements évoqués dans ces carnets.

Sur le chemin du rattrapage économique, scientifique et technologique, la Chine avance très vite mais de profonds déséquilibres internes se maintiennent et s’accentuent. D’ores et déjà la Chine est un acteur majeur des technologies de la communication. Elle devrait le devenir bientôt dans d’autres domaines que l’Etat a définis comme prioritaires, tels les nanotechnologies ou les biotechnologies. Dans un contexte de mondialisation, nos avenirs sont liés et, comme avec toutes les autres grandes puissances, la coopération est essentielle. L’IHEST s’y est engagé avec la signature d’un memorandum of understanding avec le Shanghai Institute of Science and Technology Management (SISTM).

Espérons que la lecture de ces carnets de voyage donnera au lecteur l’envie de regarder le développement actuel de la Chine en se détachant des lieux communs, des caricatures et des clichés idéologiques qui foisonnent.

Marie Françoise Chevallier-Le Guyader
Directrice de l’IHEST




Sommaire des Carnets du voyage d’études à Pékin, Wuhan et Shanghai

1.L’excellence scientifique chinoise : mythe ou réalité ?

Cécile LESTIENNE, Ramesh PYNDIAH, Anne RIZAND, Walter ROEST

2.Les grands défis sociétaux et la recherche

Romain JEANTET, Nora Sestna MACHURE, Malika MEDDAHI, Catherine RABBE

3.Développement des grandes villes : enjeux de développement durable

Patrick CREZE, Gilbert ISOARD, Philippe LE MOING-SURZUR, Arnaud MASSIP, Catherine MOULIN

4. Stratégie de développement des TIC en Chine

Olivier AUDOUIN, Thomas Emmanuel GERARD, Marc SOULAS, Jean-Michel TANGUY

5. La planification de la recherche et de l’innovation et ses acteurs

Dominique BERRY, Jean-François CERVEL, Hélène LUCAS, Stéphane ROY

6. Les stratégies de recherche et d’innovation nationales, provinciales et municipales : articulation des niveaux d’autorité

Carole COUVERT, Véronique DEBISSCHOP, Sacha KALLENBACH, Krzysztof KOZLOWSKI

7. Le soutien à l’innovation : structures et programmes

Eric BERNARD, Joël JACQUET, Amaury JOURDAN, Xavier GRISON

8. Brain drain, brain gain

Jérôme COPPALLE, Hubert DUAULT, Olivier FOHANNO, Nathaly MERMET

9. Les grandes universités de recherche en Chine : ambitions et spécificités

Lotfi BEL HADJ, Jean-Pierre PECHMEGRE - CAMINADE, Jean-Patrick THIOLLET, Bruno WIART

10. La culture chinoise , l’éducation et la science

François CHEVOIR, Azar KHALATBARI, Eric POSTAIRE, Claire RIOUX

11. Les entreprises françaises en Chine : quels enjeux ?

Nathalie ALAZARD-TOUX, Frédéric BERNARD, Corinne BOREL, Eric BRIDOT

Remerciements

L’IHEST tient à exprimer ses remerciements aux nombreuses personnalités et institutions chinoises qui ont contribué à la réussite de son voyage d’étude.

En tout premier lieu il remercie Son excellence Monsieur Kong Quan, Ambassadeur de Chine en France qui a bien voulu accorder une audience à la direction de l’institut et désigner comme interlocuteur de l’IHEST le Ministre conseiller pour la science et la technologie, Monsieur Han Jun. Ce soutien a facilité l’organisation de certains rendez-vous en Chine.
Il remercie ensuite les villes, organismes et entreprises qui lui ont ouvert leurs portes et sont venus à la rencontre des auditeurs durant leur séjour.

Ses remerciements vont enfin aux personnalités et institutions françaises qui ont, par leurs conseils et actions, contribué à la préparation et à la concrétisation de ce projet. Ses remerciements vont tout particulièrement à Bernard Belloc, ancien conseiller scientifique à l’Ambassade de France en Chine puis pour la recherche et l’enseignement supérieur à la présidence de la République ainsi qu’à l’Ambassadeur de France en Chine et aux agents du service pour la science et la technologie à l’Ambassade de France à Pékin et aux consulats de France à Wuhan et Shanghai, Norbert Paluch, Marc Bondiou et Jean-Jacques Pierrat ainsi que leurs collaborateurs.

Il remercie aussi les acteurs de la coopération franco chinoise rencontrés lors de ce déplacement : dirigeants français et chinois d’entreprises, scientifiques français séjournant dans des laboratoires en Chine et chercheurs chinois ayant séjournés en France, responsables de formations universitaires mixtes. Que tous soient remerciés pour leur disponibilité à notre égard.
Ils vont également aux personnalités en France qui sont venues préparer les auditeurs à la découverte de la Chine et sont intervenus devant les auditeurs :

Jean-Pierre Raffarin, ancien premier ministre, vice-président du Sénat et président du XVIIe colloque économique francochinois en avril 2011,

Jean-Louis Rocca, directeur des recherches au Centre d’études et de recherche internationales (CERI) à Science Po,

Mary-Françoise Renard, doyen de la faculté des sciences économiques et de gestion, responsable de l’Institut de recherche sur l’économie de la Chine au sein du Centre d’études et de recherches sur le développement international de l’Université Clermont 1,

Zheng Ruolin, correspondant à Paris du quotidien Wen Hui Bao de Shanghai.

jeudi 21 juin 2012, par Webmaster IHEST