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Cycle national 2013-2014

Science, innovation et numérique : perspectives américaines

Avec ce voyage, l’IHEST aborde pour la troisième fois le territoire des États-Unis, après la Californie et Phoenix en Arizona, puis Chicago en Illinois, et poursuit ainsi l’approfondissement d’un travail comparatiste sur les relations science-société dans le monde. Le voyage s’est déroulé dans trois villes de l’est américain, Washington, Philadelphie et Boston, exemplaires par la place qu’elles accordent à la science, à l’innovation et au numérique.

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Science, innovation et numérique : perspectives américaines

Avec les visites choisies pour ce voyage, c’est un modèle singulier qui est à l’étude. Il repose sur une philosophie, le pragmatisme et l’utilitarisme, aussi originale que déstabilisante et résolument tournée vers le futur. Pays emblématique de l’innovation, les États-Unis le sont dans les faits. Aussi, après la crise de 2008 et la reprise de 2013, ils devraient logiquement s’imposer de nouveau comme le moteur mondial de la croissance, du commerce et de l’innovation en 2014, à telle enseigne que le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une croissance du PIB américain de 4,3% en 2014, contre 1,2% en Europe. La santé de l’économie américaine – pas moins de quatre-vingts mille brevets sont déposés chaque année – s’explique en grande partie par le pragmatisme de ce pays, caractérisé par l’esprit d’entreprise, où les échecs, admissibles, n’empêchent pas de rebondir.

Ce voyage d’études a approché les ressorts du dynamisme américain, en particulier l’organisation du soutien à l’innovation à l’échelle fédérale, des États et des villes. À Washington, les grands programmes fédéraux de financement de la recherche et de l’innovation ont été présentés. À Boston, a été envisagée la façon dont l’Etat du Massachussetts a favorisé la concentration sur un même territoire d’universités prestigieuses, de structures facilitant le transfert de technologies et d’une communauté dynamique d’investisseurs et d’entrepreneurs. A Philadelphie, enfin, les problématiques urbaines ont été plus particulièrement appréhendées, avec l’exemple d’une ville qui a utilisé l’innovation pour réhabiliter un quartier sinistré. Une séquence a également été consacrée au futur de la santé, qui fera certainement écho à la session parisienne dédiée à cet objet.

Le numérique contribue pour une large part à la croissance économique des États-Unis et joue un rôle moteur dans la reprise de l’économie américaine. En ce qui concerne internet, les principales entreprises dominant le marché mondial sont américaines. Les États-Unis représentent le premier marché mondial pour les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). Le taux d’usage d’internet y est le plus élevé au monde et celui des téléphones portables est également très important.
Le leadership américain en matière de NTIC est la conséquence de la forte interaction entre les universités et le secteur privé, d’une culture du capital-risque et du foisonnement des start-ups, mais aussi de la forte capacité d’attraction de spécialistes étrangers des hautes technologies. Les études conduites au cours de ce voyage se sont appuyées sur la rencontre d’acteurs importants de l’écosystème des NTIC. Les grandes initiatives fédérales de recherche et de normalisation ont été présentées. Un dialogue s’est engagé avec des acteurs de la recherche académique et privée, et du transfert de technologie. Des personnalités spécialistes des rapports science-société ont donné leur point de vue sur les changements induits par le numérique dans la société américaine.

Le voyage d’études a enfin permis d’approcher les problématiques d’innovation en matière d’éducation aux sciences et de culture scientifique et technique. Ce sujet fait l’objet d’une attention très vive et concrète dans un pays où le débat entre darwiniens et créationnistes prend l’allure de conflit interne à la société américaine. Les rencontres organisées ont permis de prendre la mesure de la manière dont des structures originales s’efforcent d’ouvrir les sciences à tous, et comment elles créent des liens entre chercheurs et public. Au plan politique, enfin, la rencontre avec deux représentants du Congrès a permis de comprendre et d’interroger le fonctionnement de ce système.

Marie-Françoise CHEVALLIER-LE GUYADER
Directrice de l’IHEST

mercredi 18 juin 2014, par HUCHERY Mélissa