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Clôture officielle du cycle national 2014-2015

L’Italie, carrefour de temporalités - art, science et innovation

Avec cette sixième session du cycle national, la promotion 2014-2015 va poursuivre la réflexion qu’elle a engagée depuis le début de l’année autour du fil conducteur du cycle, en prenant la mesure des différentes temporalités en jeu dans un pays européen emblématique, l’Italie.

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Carnet de voyage ITALIE

Par la richesse de son histoire qui a façonné la civilisation européenne, le poids de son patrimoine archéologique et culturel, son rôle fondateur dans la construction européenne, sa position géographique qui lui confère une vocation méditerranéenne et en fait un point d’entrée pour les migrants, l’Italie, qui vient d’achever la présidence du Conseil de l’Union européenne, avec Mario Draghi à la tête de la Banque centrale européenne et Federica Mogherini Haut Représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, occupe une place centrale en Europe. Cependant, selon la dernière enquête sur l’opinion publique dans l’Union (Eurobaromètre Standard 80, décembre 2014), les Italiens sont parmi les plus pessimistes sur le futur de l’Union européenne, 51% ne se sentent pas citoyens européens, le plus mauvais score après la Grèce, et 69% d’entre eux considèrent que leur voix ne compte pas dans l’Union. Cet euroscepticisme s’accompagne d’un grand pessimisme sur la situation économique nationale, 92% des Italiens la jugeant mauvaise. De fait, le pays, troisième économie de la zone euro, est à nouveau en récession depuis le deuxième trimestre 2014. La préoccupation majeure des Italiens reste le chômage, qui atteint 13,2% de la population active et 43,3% des 18-25 ans.

À la tête d’un gouvernement de coalition populaire, lui-même de centre-gauche, ayant fait face à la démission du président Giorgio Napolitano en janvier 2015, en butte aux pressions de Bruxelles, Matteo Renzi a lancé un vaste programme de réformes dont les principales concernent le secteur public et l’administration ; la mise à l’écart des syndicats ; l’assouplissement du droit du travail ; la réforme du mode de scrutin ; la réforme du sénat ; la réduction du nombre de régions. L’Italie est la cinquième puissance manufacturière mondiale, son industrie est fondée sur la fabrication de machines et équipements, la métallurgie, suivis par l’industrie alimentaire et les secteurs phares du Made In Italy : textile, cuir et habillement. Le secteur du tourisme représente par ailleurs environ 10% du PIB, faisant de l’Italie la 5e destination touristique mondiale. L’agriculture compte pour 2% du PIB environ.

Le tissu industriel italien se distingue par une faible proportion d’entreprises de grande taille, elles-mêmes caractérisées par un important capitalisme familial : la présence de grands groupes emblématiques – dont Fiat, ENI, ENEL, Olivetti, Benetton, Finmeccanica… - est complétée par un très large réseau de PME et TPE. Ces dernières, qui font la force du système économique italien par leur dynamisme, se caractérisent par leur haut degré d’intensité capitalistique, une forte ouverture au progrès technique, une production ciblée et sur-mesure et une part importante de leur activité à l’exportation. L’économie italienne est toutefois marquée par d’importantes disparités entre régions. Le Nord-Ouest autour de Milan, véritable capitale économique du pays, de Turin et de Gênes se caractérise par une forte présence industrielle avec un PIB par habitant parmi les plus élevés d’Europe. Une deuxième « macro-région » très dynamique se dessine à l’intérieur du quadrilatère formé par les villes de Venise, Bologne, Florence et Rome où l’industrie et le tourisme sont fortement développés. Le sud et les îles, ou Mezzogiorno, est quant à lui marqué par un important retard économique et un fort taux de chômage, notamment liés à un manque d’infrastructures et à la présence d’une importante économie souterraine. La dépense italienne en recherche et développement stagne depuis plusieurs années autour de 1,2% du PIB, loin derrière la moyenne européenne (2%) et l’objectif de la Commission européenne pour 2020 (3%). Les quatre jours que la promotion passera à Rome puis à Milan lui permettront d’aborder les différentes temporalités qui se confrontent en Italie, en lien avec l’archéologie, l’histoire, la conservation du patrimoine, la naissance des sciences modernes pendant la Renaissance italienne, la construction européenne, mais aussi avec la recherche, l’innovation, la finance, le design, la partage de la culture scientifique et technique et les perspectives qu’ouvre la prochaine exposition universelle à Milan (mai-octobre 2015). La coopération franco-italienne sera au cœur des réflexions .

Marie-Françoise CHEVALLIER-LE GUYADER

Directrice de l’IHEST

mardi 13 octobre 2015, par HUCHERY Mélissa