L’IHEST donne à des responsables, issus des différents secteurs de la société, la capacité d’intégrer la science et la technologie dans leurs différents appareils de décision et à des scientifiques, de prendre la mesure des demandes de la société, tout en découvrant d’autres champs ou approches que les leurs. Les auditeurs, nommés par l’État, deviennent des relais d’opinion dans la société et, d’année en année, constituent un vivier de personnes ressources.
La spécificité de l’IHEST est d’associer dans ses cycles le monde scientifique et économique à la société et aux élus, dans une approche permettant de croiser les regards et de susciter un débat interne. Les auditeurs représentent un panel éclairé de l’ensemble de la société. Cette démarche de « regards croisés » fait l’originalité et l’utilité de la formation. Elle permet une anticipation des débats sociétaux et une reformulation de ce qu’est la culture scientifique.
Il s’agit donc de :
- faire saisir aux auditeurs qu’ils soient enseignants et chercheurs, responsables dans les entreprises, les administrations, les organisations politiques ou sociales, les différentes dimensions de la complexité liée aux sciences, aux technologies et à leurs relations à la société,
- déclencher leur réflexion sur leur responsabilité personnelle et professionnelle ainsi que sur leur future fonction de relais,
- développer une capacité d’anticipation et de réaction aux situations nouvelles engendrées par la science et la technique.
Ceci implique de développer dans le cycle national une pédagogie adaptée à ces objectifs. Le cycle se déroule sur 34 jours. Il représente un investissement lourd en temps pour les auditeurs. Dans chaque cycle coexistent une formation récurrente de sujets incontournables et l’instruction d’un thème annuel, qui vise à susciter une curiosité et un renouvellement.
Cinq entrées thématiques, retenues dès 2006, ont fait la preuve de leur intérêt pour construire le programme :
• l’état des sciences et la prospective de la recherche : donner à comprendre les grands défis à venir, faire découvrir des domaines de recherche à travers, en particulier, de grandes aventures scientifiques et techniques dans différentes disciplines, explorer leurs fondements historiques et socio-économiques, dégager les conditions de la découverte, son imprévisibilité
• l’économie de la recherche et de l’innovation : envisager la dimension économique de la recherche, approfondir la relation de la recherche à l’innovation, les conditions du succès de l’innovation, les différents modèles, et plus généralement son apport à une économie fondée sur la connaissance
• la philosophie et l’éthique : approfondir les questions philosophiques et éthiques liées au développement des sciences et des technologies, le statut actuel de la connaissance scientifique, la perception du risque, l’idée de progrès …
• l’organisation de la recherche en France et à l’étranger, en particulier le rôle des universités, les relations aux territoires, les mécanismes de fonctionnement, de prise de décision
• Les interactions entre la science et la société : les attitudes du public et particulièrement des jeunes à l’égard des sciences et des technologies, les finalités et méthodes à l’œuvre dans l’éducation, l’information et la médiatisation des connaissances scientifiques et dans l’innovation, les formes de gouvernance, la place du débat public et autres formes d’interaction.
A ces cinq entrées s’attachent des objectifs d’animation complémentaires entre eux :
L’état des sciences et la prospective de la recherche Contenu identitaire et stratégique qui différencie l’institut des autres instituts et des formations spécialisées Volonté de faire découvrir la recherche et de l’innovation et de susciter l’émerveillement. La philosophie et l’éthique Dimension transverse contribuant à refonder la vision préconçue de chaque auditeur et permettant le dialogue entre les auditeurs, quelque soit leur formation initiale et leur langage. L’économie de la recherche et de l’innovation Développement d’une vision globale et d’une capacité critique intégrant globalisation, complexité et responsabilités des acteurs (privé, public, administration,…). L’organisation des écosystèmes de la recherche , de l’éducation et de l’innovation Benchmark international et ouverture sur les différentes stratégies : exercice comparatif et critique : responsabilisation des différents participants au cycle. Les interactions entre la science et la société (éducation, culture, décision publique, développement,…) Approche de la complexité des systèmes socio-scientifiques et sociotechniques ; responsabilités respectives des scientifiques et des experts ; rôle des différents acteurs des relations science-société : mise en situation des auditeurs et développement d’une capacité d’action.
Chaque année un thème général est déterminé, qui se traduit notamment dans le choix des sujets, de certaines sessions et des ateliers et lors de la restitution finale. Pour le cycle 2007-2008, le thème est « science, société et changement ». Ce fil conducteur permet de créer des liens entre différentes sessions du cursus. Ainsi en 2007-2008 : visite en Grande-Bretagne, au Japon, ateliers sur la gouvernance et le jeu des acteurs, sessions sur l’évolution des sciences, sur l’économie de la connaissance, l’éducation, …ont permis de cerner cette problématique. Pour le cycle 2008-2009, c’est un thème lié à l’Europe, en raison de la Présidence française de l’Union Européenne qui a été privilégié :• Sciences, technologies et société européenne : compétitivité, coopération, éthique.