Aliette Armel précise que la présentation qui va suivre s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de recherche et d’innovation. Cette stratégie a pour objectif la compréhension des controverses scientifiques, notamment à partir d’internet, ce qui exigeait un outil de veille. Cet outil devait être un moyen d’identifier les attentes sociétales en matière de science, en se fondant non pas sur des présupposés, mais une cartographie en cours, à partir de l’analyse des contenus issus du web. Il fallait aussi que cet outil soit dynamique, qu’il permette de visualiser l’évolution des préoccupations des citoyens, l’évolution des controverses, les communautés d’acteurs, les liens qu’elles entretiennent et les stratégies d’influence. Il n’est pas un outil de surveillance, ni des groupes, ni des acteurs, ni d’archivage. Il fallait aussi qu’il prenne en compte la complexité des systèmes, la finalité étant de disposer d’une aide à la décision formée sur une information structurée. Pour l’heure, cet outil est limité au thème de la science et de l’environnement, l’objectif étant une présentation à un public élargi à l’ensemble des ministères en novembre 2010.
David Chevalarias présente plus précisément les outils qu’il développe, soulignant qu’il s’agit de considérer le web comme un espace d’expression privilégiée d’opinions individuelles. Des interactions à l’origine locales sont susceptibles de faire émerger de nouvelles thématiques, autour desquelles se cristalliseront peut-être des controverses. L’outil a pour objectif de reconstruire et visualiser ces thématiques, plus précisément d’identifier un ensemble de mots clés, montrer leur articulation, puis reconstruire leur dynamique. Par reconstruction, on entend traditionnellement la création d’un modèle pour reproduire un phénomène que l’on observe. Certains objets sont cependant plus difficiles à observer que d’autres, leur appréhension nécessitant une reconstruction phénoménologique. Dans le cas du web, il s’agit de prendre des données brutes, où l’on anticipe de l’information et de la structure, pour la former, comme le fait une rétine lorsqu’elle reçoit des influx visuels. Ainsi, pour traiter 200 000 billets de blog, il faut trouver les outils qui permettront de tracer les contours de ce qui se dit et présenter une image, qui pourra être traitée par des outils logiques un peu plus élaborés, comme un entendement. Puis M. Chevalarias illustre son propos en commentant un schéma qui décrit une phylogénie des thématiques et des idées produites sur le web au cours de deux mois. Au total, cet outil a été conçu pour préstructurer de grandes masses de données, pour que les utilisateurs puissent mieux s’y reconnaître.
