La journée se donnera un angle double : tenter d’éclairer les différents régimes temporels (court, moyen, long terme) qu’articule la recherche scientifique et problématiser l’idée reçue d’ « accélération » des échanges et du progrès technologique.
En effet, il ne s’agit pas tant de proposer une réflexion de fond sur la notion de temps, prise pour elle-même, que de tenter de préciser les problèmes que cette notion engage dans la pratique de la recherche, dans l’examen des débats sociaux suscités par la recherche et l’innovation. Le débat public doit intégrer le temps de la décision politique et celui de l’expertise : Quelle en est la temporalité propre ? Quelles sont les dynamiques ? Le développement des transports terrestres et aériens au cours du siècle dernier a pu donner l’impression d’une accélération générale des échanges, renforcée par les technologies de communication « en temps réel » : quel sens donner à cette accélération sur le terrain concret des transports et de la mobilité ? Les enjeux philosophiques de cette accélération supposée seront explorés.
Quelques « questions vives » posées par le temps, en particulier lorsqu’il s’agit d’émettre des prédictions dans un univers incertain et lorsqu’il s’agit de préciser les liens entre « temps réel » et « temps virtuel », seront explorées dans le domaine de la physique, des nouveaux usages du numérique et de la météorologie dynamique.
Programme :
Le temps de la décision publique
> par Philippe Deslandes, président de la Commission nationale du débat public, CNDP
Temps de transport et mobilité : sommes nous condamnés au « toujours plus » ?
> par Yves Crozet, professeur d’économie à l’université Lyon 2, membre du Laboratoire d’économie des transports
Temps et vitessse
> par Bernard Stiegler, philosophe, directeur de l’Institut de recherche sur l’Innovation, Centre Pompidou.
Questions vives autour du temps
Table ronde avec > Emmanuel Mahé chercheur expert senior en sciences humaines à Orange Labs, > Etienne Klein, directeur du LARSIM/CEA, professeur à l’INSTN et à l’Ecole Centrale de Paris > Hervé le Treut, professeur à l’école Polytechnique, laboratoire de météorologie dynamique, Paris 6